Pas content! Pas content! (alias les grévistes)

Souvenez-vous du film Germinal : moi je me rappelle bien le bon gros gourdin que j’avais choppé en voyant le père Cyrano saillir brutalement sa femme en 4 coups de reins sur la table, vite fait mal fait avant de passer à la soupe. Ça c’était la belle vie mon gars! Et nom de dieu ce que c’était bon de voir ces gueules noires bien en rage, Renaud en tête, ainsi que notre bon vieux Depardieu national, prêts à meuler la gueule au patronat. Maintenant on se marre un peu en les voyant nos deux compères (voire même on est tristes) : ils lèvent encore plus le coude que de raison, l’un ayant perdu sa voix, l’autre ayant décidé que bon, jouer dans un film de rebelle c’est sympa, mais aller se réfugier chez le fournisseur officiel de gaz européen, c’est bien aussi, et puis ça fait beugler les cons. Sacré Gégé, il nous fera marrer jusqu’au bout celui-là.

Du coup, après avoir revu récemment ce film, enfin du moins ladite scène pendant 20 minutes (j’étais en panne de porno d’internet), j’ai regardé d’un autre oeil ce qui pouvait se passer de nos jours. Bin ouais, quand ça gicle, ça peut troubler la vue, héhéhé.

A l’époque, les grévistes étaient des désespérés qui n’avaient plus un radis, du coup il y allaient non pas avec la peur, et encore moins avec le courage mais bien l’énergie du désespoir : pas tant de couilles que ça en fait, c’était un peu facile et logique, étant donné leur situation. Mais bon, ça envoyait quand même, on tabassait du patron, on leur coupait les noyaux et on les pendait en place publique, c’était la vraie justice sociale ça messieurs dames. Et la justice, on la distribuait à tous ces méchants riches, ces enculés.

Maintenant, la tarlouserisation de la société est passée par là, et on râle tout le temps. Mais attention, on râle, hein, mais on ne fait rien. Ou des trucs qui ont un peu moins de panache que le bon vieux rituel des couilles dans la bouche, alors forcément, les puissants tremblent un peu moins. Donc on arrête de travailler (à un moment, parce qu’on décide que râler à plusieurs rend légitime notre râlerie), on ne fait rien (et ça c’est bien, c’est facile à faire). Du coup, en ne faisant rien, on perd de l’argent, mais l’entreprise aussi et ça fait chier, hahaha! Sauf que du coup elle plonge, et tout le monde se retrouve au chômage parce qu’on perd des clients, et on est comme des cons. Ah, merde, on l’avait pas vu venir celle-là, et cet enculé de patron qui nous fait un licenciement économique, c’est vraiment un salaud. C’est une honte, surtout qu’on est en période de chômage, cette décision, c’est vraiment du nazisme absolu de droite qui viole des bébés!

Note : admirez, sur ce précédent paragraphe, les raccourcis grossiers que je prends, l’absence de recherche de la raison initiale des intéressés pour simplement servir un propos qui va me permet d’asthmater grave en suivant. Je suis génial.

Il est important de convenir que les grévistes sont des petites frappes. Quand il s’agit de porter une chasuble ou de manifester mollement à base de slogan bien inspirés, y’a du monde. « Ouin-Ouin-on-n’est-pas-content », voilà, vous avez la base de tout slogan scandé dans une manifestation en termes de rythme. Et dire que la même bande de connards est la première à critiquer Maître Gims, c’est dire le néant intellectuel de ces mélomanes du dimanche. Apprenez déjà le solfège avant de nous casser les couilles à bloquer les rues le samedi alors qu’on voudrait faire bosser les commerçants, ceux qui veulent travailler. Et tout ça en laissant les rues dégueulasses, bravo!!!

Oui parce que tu comprends, manifester la semaine, bin faut se mettre en avant et être identifié en tant que tel (moi j’appelle ça assumer ses idées, mais bon, les complotistes trop tapettes vont te sortir les arguments du fichage et des représailles de la direction). En plus, tu perds des sous, forcément, vu que t’arrêtes de bosser. Du coup, deux solutions sortent généralement du chapeau :

  • manifestons le week-end, sur le temps libre, comme ça il y aura plus de monde qui vient. Putain mais mec, tu renies complètement le sens de ton action, t’as zéro bras de levier et pas de couilles, même si t’as compris que flinguer ta boîte en niquant ses contrats c’était débile, faire ça c’est deux fois plus con et tu passes pour un fifrelin de seconde zone.
  • manifestons en réclamant… que nos jours de grève soient remboursés. Première revendication. Mais lol. « On arrête de taffer par ce que ho, ça suffit hein, mais tu payes connard. S’il te plait, allez, soit sympa. » Si vous en avez plein le cul de votre taff, et bin vous prenez des RTT ou des congés, c’est super, t’es payé et tu bosses pas. T’as aussi le chômage, mais forcément vu que t’aimes pas les sales chômeurs, et bin tu veux pas faire comme eux. Du coup tu tentes de profiter de ton employeur en sortant des inepties pareils : et tu croyais qu’on t’avais pas vu, petit fripon?

Bon alors forcément, on pourrait penser qu’il y a quelques exceptions. Je pense notamment au DRH d’Air France qui s’est fait bien secouer, et arracher la chemise (ainsi que le big boss). Ouais, super, t’arraches une chemise en gueulant « A poil! », ça manque quand même de panache, et d’esprit Germinal là! On se croirait chez Sébastien, avec la chanson cochonne de notre Patoche qui va se lancer dans une grivoiserie rythmée et endiablée, mais le côté drôle en moins. La blague potache, ça va quand t’as tout le monde qui est dans l’ambiance : là j’avais l’impression que ça ne rigolait pas beaucoup autour, c’était plutôt du bizutage façon « bite à la graisse rouge ». Et qui va devoir réparer les fringues? Qui va payer pour tous ces dégâts?

Les agriculteurs, fiers travailleurs de la terre, sont-ils finalement les derniers représentants de cet esprit de révolution? Gavés aux pesticides, rendus à moitiés débiles par la consanguinité et l’alcool, ils passent la plupart de leur temps à se tromper de cible et gaspiller de délicieuses denrées (oeufs, oranges, purin) en les déversant dans les préfectures. Bande de cons, et le gaspillage qui s’en suit!! Les petits éthiopiens qui crèvent de faim, vous y avez pensé avant de faire ça? Monstres!! Et tout ça pour soutenir le lobby de l’Artisanat et des « techniciens de surface » qui devront se charger du bordel?

Vous avez compris? Non? OK, reprenez depuis le début. N’avez-vous pas vu comment, depuis l’introduction de cet article, j’ai subtilement fait allusion à qui cela profitait ? Putain mais c’est évident, relisez ce dernier paragraphe.

L’Artisanat, premier enculeur de France. « Savoir faire » : mon cul ouais, c’est plutôt « savoir faire payer ». C’est cette organisation qui se gave de l’incompétence de ses plombiers et de toutes ces pourritures de baltringues, qui vous refacturent 5 fois pour un travail ni fait ni à faire, et qui comptent bien sur ceux qui ont un emploi stable pour foutre le bordel afin qu’ils aient du taff pour ramasser la merde. Une rue à nettoyer? Vu le dégraissage dans les effectifs publics, ce sont les sociétés privées de nettoyage qui vont gérer le sujet. Une préfecture souillée? Pas de problème, on est là. Une chemise à 90€ déchirée? No problémo, je suis tailleur, et pas que de pipes. Et eux, ils ne font pas grève, sauf pour montrer l’exemple aux autres qui sont assez con pour les suivre (« on ne se fait entendre que par la violence »). Regardez les taxis, instrumentalisés par leur organisation pour servir  la soupe aux petits copains, qui appliquent complètement le précepte : « une bonne guerre permet de relancer une économie ». La prochaine fois que vous croisez un balayeur, pensez au dernier électricien qui vous a fait un devis bien salé, et pétez-lui bien fort sa gueule.

On dit qu’on a les dirigeants les plus cons au monde, mais ils ont quand même réussi à inventer le mouvement perpétuel, et on ne s’en rend même pas compte : avec une tartine de confiture et un chat qui tombe, ils ont réussi à concevoir un système qui ne se tarit jamais ; merci l’artisanat (=> pognon pour l’état grâce les taxes), merci les cheminots qui pètent tout (pognon de l’état vers les salaires). Vivement que ça soit généralisé à toutes les professions, donc continuez à manifester votre mécontentement.

On vit dans une belle époque, finalement : monétiser le ramassage de sa propre merde en s’encourageant subtilement à chier en public pour définir un équilibre sociétal, il fallait avoir fait des études pour y penser.

Chignolement Votre,

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