Conseils : Comment draguer une femme?

 

Églantine, c’est vraiment une chic fille. Drôle, avec beaucoup d’auto-dérision, ça fait un moment que je la mets sur un piédestal. Son parfum doux et sucré m’enivre à chaque fois qu’elle me fait la bise, faisant tambouriner mon cœur à travers la cage thoracique. Tout mon corps s’anime quand elle est présente, et le simple fait de voir son sourire mutin ou d’entendre sa voix me provoque des étincelles dans tout le ventre : mon visage s’empourpre, mes mains deviennent moites et ma parole est moins assurée ; un léger tremblement dans la voix laisse à peine trahir un émoi profond. Et quel plaisir de passer des moments à ses côtés! Elle est drôle, fait preuve de beaucoup d’auto-dérision et n’hésite pas à être tactile, chose qui me désarçonne au plus haut point. Qu’est-ce qu’une fille comme elle peut apprécier chez moi? Toujours est-il que les moments que nous partageons sont des rares moments de complicité, et j’avoue souhaiter plus qu’une simple amitié.

C’est pour cette raison que j’ai décidé de l’inviter au théâtre, connaissant ses goûts pour les arts du spectacle et sa connaissance dans la métier. Je me présente à son domicile : elle est radieuse et sourit de toutes ses dents, laissant entrapercevoir le seul défaut qui lui donne tant de charme, à savoir une canine légèrement décalée. Je la salue, et l’invite à monter dans un taxi pour nous rendre à notre destination. Galant homme, je lui tiens la porte et me dit que la soirée ne peut se conclure par un dévoilement de mes sentiments. Aussi, ai-je mis le paquet : la limousine que j’ai loué m’a coûté ma prime annuelle, et les places ont été très difficiles à obtenir. Pensez-donc : la première de Laurent Gerra dans une pièce, il était impossible de manquer cela, pour tout amateur de théâtre qui se respecte!

A peine arrivés, Églantine est comme un poisson dans l’eau : elle connait tout le monde, et salue avec beaucoup de grâce toutes ses connaissances. Il faut dire qu’elle est souvent montée sur les planches, et connait un peu tout le monde ici, de l’ouvreur au responsable de la mise en scène. Je reste, humble, à ses côtés, la laissant dans la lumière. Il est à présent temps de s’asseoir à nos places, pile là où il faut : ça m’a coûté la prime de l’année prochaine, mais ça vaut le coup. Elle me remercie chaleureusement en me pressant le bras, geste auquel je réponds en plongeant mes yeux dans mes chaussures et en cachant ma rougeur d’une main peu assurée, tout en bégayant à voix basse : « mais… de rien… c’est normal ».

La pièce démarre, et Laurent est en grande forme aujourd’hui : il prend des libertés avec le texte et nous fait rire aux éclats. Églantine rit sous cape, d’un air mutin et distingué à la fois. Elle est incroyable. J’ai du mal à ne pas l’observer pendant toute la pièce et j’essaye de me concentrer sur celle-ci, histoire que nous puissions deviser à la fin de la soirée. Et là, devant un dernier verre, je lui avouerai mes sentiments…

Le costume de velours orange de mon père me tient chaud et j’ai tendance à transpirer, aussi je cesse de m’agiter de la sorte et porte mon attention sur la scène. Heureusement c’est l’entracte, et nous pouvons aller boire un rafraîchissement. J’abandonne ma chère près du buffet, pour quelques instants seulement histoire de m’éponger le front aux toilettes. Je me regarde dans la glace : mon vieux Charles-Henry, ce soir, tu ne finiras pas seul! Il est temps de se prendre en main, c’est l’occasion rêvée en compagnie d’une si belle femme. Déjà 2 ans que tu la connais, il est temps de passer à l’action!

Je sors des toilettes et, tandis que la plupart des personnes ont déjà regagné leurs sièges (l’acte 2 va commencer sous peu), je ne vois aucune trace d’Églantine. Je la cherche, demande si on ne l’a pas vu et quelqu’un me répond qu’elle était en grande discussion avec une amie. Je remercie chaleureusement le jeune homme au sourire amusé qui pointe du doigt une porte, derrière laquelle se trouve ma promise. Je toque, et j’entre.

« Glorgglorgglorg ». Je me fige, complètement interdit. « Dis donc Machin, je termine ça et je te rejoins, d’accord? Tu me raconteras le début. », dit-elle d’un sourire englué par l’imposante verge qu’elle vient d’extraire de sa bouche. J’acquiesce en regardant mes chaussures, sors de la pièce et ferme doucement la porte. Ne pas pleurer ne pas pleurer. Je m’avance d’un pas lent vers ma place, croisant le regard du jeune homme amusé, qui semble s’être joué de moi. Plongeant d’une main dans ma poche, je n’ai qu’une pensée : « Vite, des Fisherman’s friend, il va lui falloir des Fisherman’s friend. »


C’est exactement le genre de problème qu’on a tous rencontré : être face à ce genre de situation après avoir été éconduit, et sans comprendre pourquoi. On se projette dans une relation avec une autre personne, on tente de la construire et tout tombe à l’eau.

Derrière ce texte plutôt tragique, vous pouvez d’ores et déjà identifier des choses à faire et à ne pas faire. Si ce n’est pas le cas, c’est sans doute que vous êtes un putain de nul avec les femmes, une serpillère, un résidu de capote trouée, bref, une pauvre merde comme ce fils de pute de Charles-Henry, bon à servir de paillasson toute sa vie et à se branler en silence parce que tu comprends, sa colocataire est en train de se faire baiser sauvagement et elle déteste les grincements d’un autre lit pouvant couvrir ses hurlements porcins.

Je vais donc à présent vous exposer quelques stratégies à suivre pour être dans le succès, et pas un perdant comme Charles-Henry qui a plutôt tendance à tenter de baiser en secret sa tante plutôt que de se taper des vraies femmes. Putain que cette intro est longue, mais en même temps si t’avais pas l’habitude de rassasier ta soif de lecture avec des tweets, tu pourrais lire des textes de plus de 140 caractères, sale illettré de merde.

Déjà, primo, vous me foutez à la poubelle toutes ces idées de site de merde pour vous aider à séduire. FrenchTouchSeduction et consors, c’est de la merde pur beurre. Ça vous donne des recettes toutes faites, mais au final, c’est pas parce que t’as un stylo Mont Blanc et un plan avec une orthographe correcte que t’es capable d’écrire comme Zola, espèce de pine d’huître. Surtout si ton plan est, par exemple, issu du cerveau d’un homme politique t’expliquant que pour résoudre la crise économique, faut virer les zarabounoirgnoules ou continuer sur un système à croissance infinie qui s’appuie sur des ressources limitées et une pollution (+ déchets) qui montera en conséquence. Faut vraiment être un gros con qui veut pas baiser sans payer pour croire ça ; on n’a peut-être pas inventé le mouvement perpétuel, mais on a trouvé des gens intarissables pour raconter les mêmes conneries à tout bout de champ.

Idem, les sites de rencontre, mais faut vraiment être con. Regardez ce débile de Charles-Henry : déjà, il est pas foutu de gérer une minette en live, donc devoir passer par des sites de merde designé par des autistes qui ont jamais baisé autre chose qu’une phalange ou qui gère leur affaire façon plan marketing, c’est mission impossible. Va faire rentrer tes critères et ta description dans leurs cases, c’est le meilleur moyen pour te planter comme une buse, avoir un rating qui fait de la chute libre sur le site et passer pour le mec qui est tellement tocard ou qui pue le poisson que t’auras plus un seul rencard. GG pédé, tu finis à nouveau par te fapper.

=> Conclusion numéro 1 : quitte à aller sur des sites pour finir par se branler, autant aller direct sur gougueuleporn et consors. Ça évite la perte de temps.

Bon, deuxième truc, l’apparence. Tous les connards qui font de la gonflette parce que tu comprends, les muscles, ça plait aux filles, arrêtez. Arrêtez mais putain. Déjà si t’as une tête de con, tes muscles ne serviront pas à grand chose, et si t’es pas capable de parler, c’est pareil. Même si tu seras plus sûr de toi, tu resteras le mongolien qui n’a pas une conversation intéressante hormis les stéroïdes : à la rigueur tu vas arriver à chopper un autre barbu à la salle de muscu et c’est ton petit cul qui va faire des étincelles cette fois-ci. Mais bon, c’est toi qui choisit hein, y’a pas de mal à se faire enculer, moi je respecte.  Donc sans savoir de quoi parler, bin t’es bon qu’à soulever de la fonte.

La guitare, ça fait baiser parait-il. Ouais, sauf si t’as une gueule de cul, encore une fois. Et puis si ça se trouve, pendant que tu vas jouer, les autres mecs vont en profiter pour avoir les mains prises et finalement le seul manche que tu pourras astiquer, c’est ta gratte de merde achetée à Didier Super (et en plus tu t’es encore fait enculer sur ce coup).

La copine dans un groupe de potes « qu’on va vous présenter » : si vous tenez à être le con du mercredi, c’est une bonne idée. Non parce que là, faut pas se leurrer, les gens qui se font chier dans leur couple cherche un stratagème pour pimenter leur vie de merde, et comme ils sont en train de foirer l’éducation de leur gamin, ils se rabattent dans le social avec les amis de ton genre. Tu vas être dans l’œil de Moscou, et puis si ça se trouve l’autre meuf est une putain d’handicapée sociale à 90% de chance étant donné qu’on veut la caser avec toi, donc laisse béton et marche à l’ombre.

J’imagine que certains vont déjà gueuler, ça fait 1970 mots (merci wordpress) que je tape et toujours pas de formule miracle. Je vous emmerde, sales puceaux. Si la nature vous avait mieux sélectionnés et que votre éducation était moins médiocre, vous ne seriez pas là à vous plaindre, bande de parasites. Mais bon, je suis magnanime et je vous donne un tuyau.

Reprenez ce titre racoleur : « Draguer ». Putain mais déjà, penser comme ça, c’est de la merde, bien révélateur des têtes de cons qui garnissent notre société actuelle. Je veux draguer, je veux séduire : pauvre tâche. Tu veux quoi en fait? Gargariser ton égo et plaire? C’est ça? Ou ça va plus loin? Tu veux arriver à conclure avec Eglantine, mais pourquoi elle? POURQUOI.

Oui mon bon monsieur, le pourquoi. Pourquoi aller vers cette superbe inconnue, dans un bar? Pourquoi? Pose-toi la question. Pose-toi la question pourquoi une personne complètement étrangère, que tu ne recroiseras jamais si dans les 10 minutes tu n’amorces pas, t’attire. Et ce qui se passerai si ça se faisait, et si ça ne se faisait pas. Et réfléchis à ses réactions, à pourquoi telle chose te touche, telle chose ne te touche pas.

Réfléchis putain et arrête de faire de la merde dans ta tête, à croire à des formules toutes faites conseillées par des mecs qui volent une langue en bouche et liment tous les 3 soirs, tout ça parce qu’ils sont pas foutu de faire deux phrases intéressantes d’affilée. En fait la plupart des connards veulent du comment, comment faire, comment séduire : un peu comme acheter une belle voiture mais sans vraiment savoir pourquoi. Un peu comme un cheminot qui s’arrête de bosser comme les copains, sans savoir pourquoi, sans savoir les conséquences pour lui et pour les autres.

Ensuite, forcément, y’a les hormones, le désir, la bonne vieille trique qui vous nique votre prisme visuel. Vous projetez une image sur la femme, sans percevoir quoi que ce soit, et vous ne lisez que ce que vous voulez y voir : un peu comme un nazi, en somme. Et les nazis, ça a jamais vraiment été un bon exemple. Surtout vers la fin.

Baiser votre égo les mecs, et ne le laissez pas vous dominer. Mettez des mots sur ce que vous ressentez, ils seront plus forts que vos pulsions archaïques et de puissants alliés. Prenez vos couilles en main, pas à la Charles-Henry, mais bien comme des Hommes.

Chignolement votre,

 

 

 

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