Mentir, c’est le mal

C’est la dernière fois qu’on m’y prend. J’étais tranquillement en train d’imprimer l’intégrale de Playboy sur la photocopieuse couleur du boulot quand soudain est arrivée Victoire, qui s’occupe de la gestion de stocks. Furibarde, elle me passe un soufflon en m’indiquant que le matériel de bureau ne doit pas être utilisé à des fins personnelles, particulièrement si cette utilisation dépasse la centaine de pages. Relax max, les pages sont imprimées recto-verso (#écologie), et puis quand j’aurais fini de lire le livre, elles seront certainement collées deux par deux. Cette pointe d’humour ne déride pas la dame, et vla t’y pas elle commence à me menacer en disant qu’elle va tout balancer au responsable de service, comme quoi je vais prendre une retenue sur salaire! Mais quelle pute, genre elle pourrait fermer les yeux quoi! Et elle me répond comme quoi non, elle est intègre blablabla.

Et là on en vient au sujet du jour, et avec une finesse, une subtilité qui me rappellent cette fameuse scène d’amour dans Irréversible. Je vais donc parler du mensonge.

Depuis tout petit, on nous casse les couilles pour nous expliquer que mentir c’est le mal, qu’être honnête et dire la vérité c’est le bien et qu’il ne faut pas mentir et plutôt dire la vérité. Mais quelle connerie.

Déjà à la base, on est sur deux postulats qui n’ont rien à voir, et je vais démonter tout ça avec plaisir et talent, ce qui fera mourir de rire, j’en suis certain, les 5 lecteurs de ce blog de merde. A ce propos, payez-vous une vie et un sens critique au lieu de lire de la chiasse comme ça ; ça sera toujours du temps investi dans quelque chose de constructif, pauvres blaireaux de mes couilles en rut.

Note : ouais c’était gratuit, mais j’ai la haine, comme d’hab.

On va repartir sur des bases, parce que sinon on ne va pas être d’accord avec des mots utilisés, ce qui serait fâcheux, et vous pourriez mal prendre les propos que je pourrais tenir. Un peu comme quand j’ai traité ma copine de grosse salope quand je l’ai enculée à sec l’autre fois, bizarrement elle a mal pris mon enthousiasme. Mais bon, ça va, le juge n’a pas encore statué sur mon sort, et puis je me suis lavé la bouche avec du savon, sans compter que j’avais mis des capotes.

 

Mentir, c’est dire le contraire de la vérité de façon délibérée : ça veut dire que si vous affirmez que la lune n’est pas un satellite et que vous le pensez vraiment, je vous rassure, vous n’êtes pas un odieux menteur, un enculé de la pire espèce qui fait de ses propos le mal absolu. Non non, vous êtes simplement inculte, ou complètement con, et que maintenir votre raisonnement ne revient qu’à vous enfoncer plus dans les tréfonds de la médiocrité.

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Bonjour, je raconte tellement de la merde qu’on jurerait que je mens en permanence.

Un vrai mensonge, c’est ça : « Monsieur le juge, je l’ai bel et bien sodomisée, mais  je ne savais pas qu’elle était mineure. […] OK OK, c’est vrai que j’ai trouvé bizarre le fait qu’elle avait une tétine et pas de cheveux sur la tête, mais je pensais qu’elle avait un cancer! » Mentir, c’est aussi dissimuler la vérité, en omettant des faits (acte volontaire). Comme par exemple : « Je suis venu acheter des pommes, et je suis reparti. […] Ah oui, c’est vrai, je l’ai frappé entre temps avec un extincteur, j’avais zappé, sry bro tkt bye ».

Bon, inutile de vous expliquer ce qu’est le mensonge, car si vous êtes déjà perdu à ce stade, allez vous faire mettre par tous ces youteubés qui doivent avoir un fonctionnement cognitif proche du néant pour produire des vidéos de merde pareilles (#cliquesurjaime).

Note numéro 2 : j’ai vraiment la haine, effectivement. Sorry for your loss, cordialy

Revenons à cette notion de valeur morale : marrant de voir que les premiers à user du mensonge, et nous les tançons bien fortement pour ça, sont nos hommes politiques. Pourtant, ce sont « toujours les mêmes » depuis des dizaines d’années, et on les garde. Cela signifie que ce fonctionnement-là n’est pas si dérangeant, non?

OK j’avoue, ce premier argument est un peu faible, voire carrément de la merde, surtout parce que j’ai pris cet exemple-là. Mais j’enchaîne, je vous jure, je vais mettre toute mon énergie en oeuvre pour me rattraper.

Mentir c’est mal. OK. Les parents sont toujours là pour montrer l’exemple, et tenir des discours aussi enflammés que manichéens sur ce qu’il faut faire et ne pas faire. Pourtant ce sont les premiers à mentir à leurs enfants. « Papa, comment on fait les bébés? », demande Ahrture, 3 ans. Nul doute que Papa ne va pas répondre en détail sur les rapports bestiaux et à partenaires multiples qui ont engendré la conception de cet immonde étron rose. Il va bien mentir à son enfant en lui racontant de la belle merde à base de piafs qui auraient déposé des enfants dans des choux, au lieu de parler de grosses bites crachant dans des chounes. Pédé.

Tant qu’on est à tacler les parents (et que ça me fait toujours plaisir), autant aller direct sur la marche la plus haute de l’escalier de la contradiction : Le Père Noël. LE mensonge le plus utilisé dans le monde, et à quel fin? Donner de la joie aux enfants, en lui faisant croire pendant des années qu’un être divin existe et qui a les pouvoir de récompenser les enfants sages (#morale)? Créer de l’emploi à gogo, du merchandising, favoriser la créativité des concepteurs de jouets? Ouaipe. La réalité de ce mensonge pourrait être vue avec un autre prisme : Théofile, 7 ans, est en train de jouer dans la cour d’école. Noël arrive et là, ses copains lui font savoir que c’est un putain d’attardé de merde qui n’a même pas les dernières New Balance à la mode, et qu’il ne sait même pas que le Père Noël n’existe pas, haha tocard! Résultat ce tâcheron se désociabilise, apprend qu’il a été un gros naïf pendant toute son existence et est rejeté par le groupe social auquel il commençait à appartenir. Plus tard, il apprend que des petits chinks (c’est comme ça que Papy Chevrotine les appelle, il a fait l’Indochine pépé, ça déconne plus) travaillent 12h par jour, dès l’âge de 6 ans pour fournir les gamins pourris gâtés de l’occident en cadeaux, et à la date précise de Noël s’il vous plaît, pas de retard!!! Superbe mensonge, qui condamne l’avenir de nos générations depuis des lustres. Enfin, on peut bien évidemment voir ça différemment, surtout que c’est une psychologue qui dit ça, et pas un donneur de leçon lambda dont la spécialité est de ramener sa fraise là où il en sait le moins, sous couvert du fameux « bon sens » (encore une belle expression à la con ce truc-là). Putain de merde, mentir à un gosse, ça le stimule en fait, j’aurai pas cru dis donc.

« Ah ouais mais attends, quand c’est pour le bien de l’autre, tu vois, tu peux mentir », allez-vous me répondre, pour tenter de justifier une pitoyable pirouette pour avoir raison. OK donc quand quelqu’un te ment, mais bien intentionné, c’est bon donc? Bon, le problème c’est que les bonne intentions, c’est comme le bon sens : on a tous le même objectif (grosso merdo être heureux, faites pas chier avec ce détail), mais on ne se donne pas les mêmes moyens car on ne raisonne pas pareil. Ah merde, du coup c’est compliqué, on peut pas en faire un cas général. Mais bon c’est le mal quand même, hein.

« Non mais en fait non, faut dire la vérité droit dans les yeux en toutes circonstances, être honnête et juste, et se confronter à toute situation. » : Il faut tout le temps dire la véritéNous arrivons donc au raisonnement de mongolien mal démoulé ; oh non pardon je ne voulais pas utiliser ce terme, ça serait un manque de respect. Nous arrivons donc au raisonnement de trisomique  mal démoulé qui consiste à déduire, d’une posture, qu’elle est applicable à toutes les situations. Et puis la vérité, attention hein, tout le monde est prêt à l’entendre, genre moi je dis la vérité donc c’est bon, je suis perché, je suis intouchable, on ne peut rien me reprocher. Donc sur deux situations, je vais vous BAISER BIEN PROFOND avec deux beaux contre-exemples, messieurs les donneurs de leçon.


Situation numéro 1 : dire la vérité, toute la vérité

Vous êtes en compagnie de votre femme et d’une de ses séduisantes amies de longue date. Cette dernière présente un fort beau décolleté et vous n’avez qu’une envie, vous ébrouer dans ses gros nibs avec votre petite pine toute fine. Las, votre épouse est à vos côtés, et avouons-le, il est difficile de céder à la tentation. Après avoir dit au revoir à cette amie qui devait prendre le bus (non sans avoir plongé un regard concupiscent sur ses gros seins au moment de lui claquer la bise, technique de filou), votre femme entame une discussion avec vous.

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C’est vrai, Salma est laide, et mal gaulée.

« – Alors, comment tu la trouves, Salma?

–  Elle est très sympa.

– Non mais je veux dire, physiquement? Elle est belle hein? »

Là, si vous n’avez pas dit « putain mais clair, elle a une putain de GROSSE POITRINE HEHEHE je me ferai bien une bonne branlette espagnole au milieu de tout ça ARGLLIIIII », tout en mimant l’acte de manipulation de ses mamelles, vous pratiquez le mensonge par omission, donc c’est le mal. Bin ouais, il vaut mieux que votre copine pète un gros câble devant l’obsédé sexuel que vous êtes, entachant votre relation ainsi que celle avec Salma (elle verra son amie comme une concurrente potentielle) parce que dire la vérité c’est ce qu’il faut faire. Et vous pourrez vous pavaner avec vos potes lors de vos soirées en célibataires qui sont en chien tout le temps tout en disant qu’un mec droit dans ses bottes comme vous, il dit tout ce qu’il pense tout haut.

Non, en fait vous allez dire que c’est pas votre genre, ou vous allez complimentez votre meuf sur son nez (un peu long quand même) histoire de bénéficier d’une bonne petite pipe le soir. Et puis vous pourrez penser à Salma pendant ce temps-là…

Situation numéro 2 : moi je dit ske j’pense, et brut de pomme

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Paf et Hencule disent non au mensonge. Ah, et aux homos visiblement.

Avouons-le, devant certaines pratiques sexuelles, on peut bien évidemment avoir du mal à adhérer. Je pense notamment à des choses qui me révulsent, comme les rapports sexuels à la lumière ou encore la pratique infâme de la masturbation. Bon, admettons que vous trouvez votre fils en train de se branler dans la salle de bain. Choqué, vous claquez la porte, et ne dites rien sur le moment, devant le traumatisme de votre enfant si pur en train de s’astiquer le pistil devant la couverture d’Entrevue.

Quelques dizaines de minutes plus tard, c’est l’heure de manger, et bien évidemment toute la famille est réunie, ainsi que les Dubonay, vos voisins d’à côté. Vous profitez de l’occasion pour aborder délicatement le sujet… non en fait, comme vous êtes droits dans vos bottes et vous dites ce que vous pensez comme ça vient, vous balancez tout devant tout le monde : « Et bin alors Mimile, on se tapait une queue en douce, dans la salle de bain? J’espère que tu t’es lavé les mains hein! HAHAHAHA! Roooh, ça va, pourquoi tu fais la gueule, je t’ai vexé? C’est pas grave hein. Tu pensais peut-être à la petite Sandy Dubonay, vu que t’en parles tout le temps? Bin quoi? T’as les larmes qui te montent aux yeux? Y’a pas de honte hein, c’est la nature! »

Bien évidemment, votre enfant chéri quitte la table en pleurs, traumatisé par cette expérience, tandis que la petite Sandy restera un éternel fantasme inassouvi. Ah, par contre, ses difficultés d’intégration à l’école vont s’accentuer, et il terminera après des années de brimades devant les écoles avant un grand imperméable, avant de finir tabasser par des chinois. Même pas par des arabes ou des noirs des cités, et encore moins par des cheminots; vous ne pourrez même pas récupérer ça pour vous la raconter auprès de vos potes, parce que quand même, se faire déglinguer par des gens qui sont la cible du racisme habituel sans qu’on ne dise rien (avec les roms, bien entendu), c’est la teuhon.


 

Donc ouais, c’est pas si simple de dire la vérité, il faut quand même mettre les formes, et parfois omettre les choses. Désolé les mecs, on peut avoir un idéal d’honnêteté maximal, mais la réalité des faits, c’est que notre société a besoin du mensonge pour perdurer. Parce que ça rassure, parce que de temps en temps le déni, ça permet de surmonter la merde qui nous arrive dans la tronche. Si notre cerveau fonctionne comme ça, avec la peur, la colère, et bien le besoin de mentir, c’est pour éviter face à ce qu’on considère un danger immédiat de se faire buter ou au pire d’être un peu plus à l’aise.

Pensez au corps médical qui bossent aux soins palliatifs, pensez aux situations où vous étiez dans la merde face à 5 cons avinés qui voulaient vous péter la gueule et qui vous demandaient de leur faire un compliment, pensez à vos putains de gosses qui ont besoin d’un peu d’espoir et arrêtez de faire chier avec ces conneries de bon sens d’alignement moral à la con et de posture de principe qui ne font bander que vous. Devenez des Hommes, tas de cons, et pas des fils de pute qui balancent de la merde pour soulager leur conscience tout en prétendant servir un principe d’honnêteté.

Et puis s’il n’y avait pas de mensonge, Dieu n’existerai pas.

Chignolement votre,

 

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