Conseil : Comment dire non à un mec au moment le plus délicat?

Quelle chaleur dans cette salle! Toute la jeunesse s’est réunie ici pour assister au concert de DJ « Mbal-istik », et avouons-le, vous êtes chaude-bouillante. Cela fait à présent 3 fois que votre regard plonge dans le bleu profond des yeux de ce grand brun  : cela ne laisse pas d’autre interprétation possible quant à ses intentions. Ambiancée, comme dise les jeunes, vous êtes totalement ouverte à une nouvelle rencontre, d’autant que votre vestibule n’a pas été dépoussiéré depuis quelques semaines. Oui oui, je fais du Laurent Gerra dans le texte, c’est dire si je tombe bien bas.Mais bon, on a les lectures qu’on mérite, n’est-ce pas?

Après avoir, à la manière de ces magnifiques oiseaux que sont les paons, fait la cour à base de danses ridicules mais tellement mignonnes, votre chevalier servant vous invite à prendre un verre. Et puis c’est lui qui paye, grand prince! Faut dire qu’un mojito à quinze balles, il ne va pas l’offrir à n’importe qui ; ce geste de générosité ne tolère aucune ambigüité, c’est votre petit cul qu’il veut. Enfin, petit, c’est vite dit, mais ne nous étalons pas sur vos complexes qui vous amènent à regarder des milliers de vidéos youtube sur le fitness sans jamais quitter votre canapé, ce serait partir dans un énième hors sujet dont je suis friant mais qui, hélas, fait perdre le fil du récit à mes chers lecteurs, surtout quand je fais des phrases à rallonge alors qu’il faudrait mettre un point de temps en temps parce que même à l’écrit je n’ai pas le talent de Pierre Desproges. Cela étant je vous encule, paragraphe suivant.

Donc quinze balles, c’est pas cher payer pour une partie de jambes en l’air, et puis vos copines sont derrières vous, à cancaner et glousser comme des connes, tout en vous poussant dans les bras du bel Adonis. Enfin, Adonis c’est vite dit, mais vu que vous avez paumé vos lunettes, que vous êtes fin bourrée et qu’en plus vous avez une dalle de boulimique qui ne serait pas calé le bide façon Haitienne (t’as vu, même ici on apprend des trucs super utile pour se la péter en société et faire culpabiliser tout le monde quelques instants, avant de se resservir une deuxième part de frangipane parce que c’est vraiment trop bon), vos cuisses sont d’ores et déjà en position pour un frénétique va et vient de quelques minutes, avec geyser de bonheur à la clé.

Arrivée chez vous, vous invitez le galant homme à s’assoir et à desserrer ses lèvres pour lâcher votre bouche, le temps que « vous vous prépariez ». Le mec demande où sont vos toilettes : s’il y a bien une chose de sûr, c’est que dans quelques instants ça va sentir le latex brulé.

Vous faites un rapide tour dans la salle de bains histoire de rincer un peu toute cette chair suintante  : il était temps car votre transpiration sent le fennec ayant trop couru en plein soleil, vêtu d’un k-way excessivement serré. Un peu d’hygiène ne fait pas de mal : il serait dommage de passer à côté d’un check up total, avec révision du carter incluse dans le tarif parce que ho, on n’est plus des adolescents qui ont tout le temps besoin de se regarder tout le temps dans les yeux. Oui, là je parlais de votre choune, je suis lourd, mais en même temps faut tout t’expliquer, poufiasse.

En revenant dans le salon, vêtue d’une nuisette sexy, vous apercevez Adonis sur le canapé, l’air détendu, mais un peu verdâtre. Son œil bleu s’illumine et il se précipite vers vous pour vous rouler une grosse gamelle, avec palpé-roulé en bonus. Et là c’est le putain de drame.

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On s’enjaille à coups de boyards, mes baskets sentent la chnek, trop d’putes à mes pieds. (Georges Brassens)

Une épouvantable odeur de vomi vous fait dessouler direct. Vous tentez de vous libérer de son emprise, mais visiblement la succion est tellement forte que votre langue semble balloter au milieu de la Mer Dégueuli : bordel de merde, 5 secondes de plus et l’Amiral Boyaux va renvoyer le mojito. Tout en vous extirpant délicatement de l’emprise, vous lui proposez de se rafraichir dans la salle de bain, pendant que vous allez chercher quelque chose à boire. Fort heureusement il accepte, et vous vous sortez de la situation, non sans vous demander si le mâle a saisi la subtilité de votre requête.

Adonis revient, vêtu d’un simple mais abominable slip kangourou. Après avoir pouffé de rire et l’avoir chambré avec tendresse, un nouvel échange de salive vous rassure quant à cet accident de parcours : le cassage de reins n’est plus très loin, et ça sent le menthol.

Après 20 minutes de grosse chauffe à travers les sous-vêtements, il est temps de passer à l’action : le monsieur semble particulièrement doué avec les préliminaires, c’est le moment de lui rendre la pareille.

Alors que vous tirez vers le bas le ridicule slip, une abominable odeur de marée vous remonte aux narines, qui ne sont pas si loin que ça du corps du délit. Putain de merde, mais nom de dieu, des langoustes ont crevé au soleil ou quoi? Effectivement, vu l’appendice qui semble, malgré son apparence, être en total état de fonctionner, sa taille et l’hygiène toute relative de l’engin vous répugne à y mettre les mains. Sans compter les espèces de cloques buboniques, on dirait un crumble aux huitres, c’est ravissant.

Vous n’imaginez pas une seconde parler dans un micro pareil, ce serait le meilleur moyen de lui gerber sur les noyaux et conclure cette brève rencontre sur une note fort négative pour votre réputation, ainsi que sur l’apparition d’herpès buccal de la pire espèce. Et même avec une capote, hors de question de laisser cette horreur coulisser entre vos cuisses et vous farfouiller vigoureusement les entrailles, à présent aussi sèches qu’un ministre de l’intérieur en déclaration d’intention.

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Franchissez le pas, et c’en est fini de vos duck faces de poufiasse.

On s’est tous trouvé, à un moment ou à un autre, dans une situation similaire. Face à la surprise, on est tenté de dire oui par bienséance sociale, et de le regretter plus tard. Et même prendre la décision, aussi tardivement, peut être très compliqué car chauffé à blanc, le mâle peut avoir des réactions fort peu agréable.

Voici donc quelques solutions pour vous tirer de ce mauvais pas.

Conseil numéro 1 : dire non, parce que vous en avez le droit.

Vous êtes une femme, on doit vous respecter en tant que tel et vous vous positionnez immédiatement en refusant d’aller plus loin, car vous l’avez décidé. Sauf que lorsque votre amant vous demande des explications, vous vous réfugiez derrière un féminisme de la pire espèce qui suscite, fort légitimement, une réaction d’agressivité de la part d’Adonis qui vous traite, je le cite, « de grosse pute qui ne sait pas ce qu’elle veut », et qui s’en va en claquant la porte, non sans avoir ravagé la moitié de votre appartement et vous avoir éjectée à l’autre bout de la pièce, la gueule dans la commode. T’as fait ton choix, mais lui il tape plus fort, et il est colère. Et puis bon, un mâle blessé dans son orgueil, c’est très con. Ah, et même si vous sortez le « je ne suis pas certaine d’être prête », ça se passera pareil.

Vous resterez donc sans problème vénérien, mais avec quelques séquelles psychologiques et l’impossibilité totale d’entreprendre une relation avec quel qu’homme que ce soit pendant de long mois… sans compter le coût de la thérapie. Pas génial.

Conseil numéro 2 : se résigner et passer à l’acte.

Non mais t’es conne ou quoi? Hors de question de te forcer à faire ça si t’en as pas envie! C’est vraiment la chose à ne pas faire. Le pire, c’est que si tu cèdes à ça, le mec va peut-être s’accrocher, vous allez bâtir une relation, vous investir et prendre sur toi par rapport à ce problème. Votre couple va très certainement prendre une trajectoire procréatrice, et franchement, tu veux laisser au monde un enfant qui pue de la bite? Allons, soit raisonnable, et passons à la solution suivante.

Conseil numéro 3 : la méthode Serge Lama.

Alors que les mains d’Adonis empoignent vos cheveux et que votre luette tremble déjà à l’abominable contact de son gland qu’elle va subir dans quelques secondes, vous vous basculez et montez à cheval sur votre partenaire. Là, vous vous penchez doucement vers son oreille et vous lui glissez en un souffle :

– J’ai quelque chose à t’avouer…

– T’es pas un mec hein, HAHAHA§ Je l’aurais remarqué! Ou t’as déjà quelqu’un… Moi perso je m’en fous complètement.

– Non, c’est pas ça, en fait je suis séropositive, mais ne t’inquiète pas, ça ne risque rien si on se protège.

– …

Lorsque vous prononcez ces mots, la vigoureuse turgescence de votre ami se transforme en un ridicule bigorneau qui aurait été trempé dans l’eau glacé. Nul doute que la situation s’inverse, et que le malaise n’est plus du même côté. Au pire vous pourrez mythonner pendant 2h avec le bonhomme qui s’intéresse plus à votre maladie qu’à vous, au mieux dans les 5 minutes qui viennent il sera dehors, et de son propre chef. Après, si le bonhomme ne vous croit pas, vous pouvez toujours aller vous badigeonner les babines avec des trucs qui traînent dans la cuisine, histoire de faire croire à une histoire d’infection dégueulasse. Et les corn flakes mélangés avec de la crème liquide, ça marche pas mal, du moins de loin.

Cette expérience sera une excellente leçon pour vous, et la prochaine fois vous éviterez de faire la petite salope qui n’assume pas de se prendre des gros chibres bien sales par le premier venu, et vous chercherez une relation un peu plus équilibrée. Allez, avouez-le, finalement cette expérience vous a appris beaucoup, et vous ne la regrettez pas tant que ça.


 

Ca y est, t’as bien rigolé ? T’as pris ta dose de rage, et de « hahaha » ? Parfait. Maintenant tu peux un peu travailler ton cerveau et pas tes zygomatiques, et aller voir un peu les témoignages autour du sujet de la séropositivité. Non parce que ça déconne, ça rit fort mais derrière on ne se pose pas les questions de la vraies souffrance autour du sujet. Un peu comme les cheminots qui s’en battent les kiwis que des bébés crèvent dans des rames de trains parce que messieurs bloquent les voies afin de gagner 5 minutes sur leur pause déjeuner. Je vous invite à aller lire ce témoignage d’une blogueuse séropositive qui raconte ses difficultés à trouver l’amour, ça vous mettra peut-être un peu de plomb dans le cigare.

Ah, ça rigole moins, n’est-ce pas? Et puis, ho, je vous ai bien baladés pendant 1700 mots à vous raconter de la merde pour finalement vous lâcher sans finesse un vieil étron sur le visage, donc ne faites pas la fine bouche et gobez-moi ça tout rond.

Chignolement votre,

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