Une sortie entre collègues

Ça y est, je leur ai dit oui. Depuis le temps que la boîte organise des petites sauteries après le boulot, il était temps que j’apporte ma participation à ces soirées. Les after work, c’est le petit nom à la mode pour désigner les sorties entre collègues : c’est un peu comme l’after shave, ça sent trop fort pour ne pas être louche.

Ces connards de managers, encore une fois, y voient quelque chose d’utile, servant à team builder l’équipe. Comme s’il fallait justifier tout ce qu’on fait dans la vie comme utile, constructif, servant un but et que le fait de dégoupiller de temps en temps devait être intellectualisé pour légitimer l’acte. Rassurez-vous les mecs, si vous vous biturez comme des pochtrons après le taff, vous pouvez sans doute trouver une étude suédanoises qui explique que sur une population de 20 personnes, ils ont prouvé que c’était tout à fait bon pour le moral et que vous pouvez continuer à trinquer comme des piches. Bon après, vous allez crever d’une vieille cirrhose et vous êtes un sale con alcoolique, mais ça c’était pas dans le cadre de l’étude, donc tout va bien.

Teamwork and team spirit
Allez, à 3, on s’enfonce tous la main dans le cul, ouaiiiiiis!

Nous nous retrouvons donc une petite quinzaine, tous services confondus, dans un bar du centre ville. C’est plus pratique pour rentrer chez soi de se retrouver à l’hypercentre, car la moitié sont des bobos qui vont rentrer chez eux torchon-chiffon-carpette en vélo, parce que tu vois c’est moins dangereux que de rouler en voiture. Bon, étant donné qu’il pleut, ils ont pris la voiture pour la mettre au parking, mais c’est pas grave, ils n’ont que 2 bornes à faire donc tu peux rouler défoncé sans danger à 30 à l’heure dans les petites rues, donc tout va bien.

Le bar n’est pas terrible, il sert de la mauvaise bière pleine de mousse mais ça suffit à contenter la moitié des personnes qui n’a pas l’habitude de sortir. L’organisateur, Ghyslain, est un petit maigrichon assez discret du service informatique. Étant donné que je suis loin d’un con, je comprends bien son petit manège : il rentre parfaitement dans le jeu de rôle préétabli qui va se tenir ce soir.

Comment? Vous vous demandez de quoi je parle?

OK j’explique. Les soirées entre collègues, c’est un schéma social qui va révéler pas mal d’interactions, d’intentions et de postures qui vont être prises par les personnes ; ces situations vont bien évidemment être surinterprétées par les protagonistes, et ça va bien évidemment déteindre sur les relations professionnelles qui vont suivre. Ah putain, comment ça va être bon ; mais trêve de théorie, passons à la pratique.

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Soir-ce ça va être une putain de ré-soi.

Au début, tout le monde est guindé : les personnes sont regroupées en petits paquets, voire forment un grand cercle avec du vide au milieu, genre on est tous serrés sur le côtes mais y’a plein de place. Putain, ça se prétend civilisé et ça prend des réflexes de défense primitive, à croire que la soirée stimule plus le cortex reptilien qu’autre chose. Ouais, j’aime bien étaler un peu de science dans mon texte, et puis ça relève un peu le niveau, tu vois. J’enchaîne, sinon on n’est pas rendus : les conversations sont entrecoupées de grands blancs, encore heureux qu’il y a des pintes à descendre, ça permet à chacun de s’évader devant ce malaise social.

Beaucoup de monde s’interroge sur le sujet à aborder, perd ses moyens en tentant de se rappeler les conversations qui animent les repas de midi. Du coup, forcément, on en vient à parler boulot, tout en entrecoupant la conversation de « ho on n’est pas là pour parler que d’ça » et y revenir 3 minutes plus tard. C’est un peu compliqué quand même, parce que d’habitude à la cantoche t’es tranquille pour dire du mal de la grosse Géraldine de la trésorerie, mais là elle est à deux mètres, en train de ricaner bêtement aux blagues potaches de Nicolas, mon collègue de bureau. Du coup je suis un peu jaloux parce que même si elle est dégueulasse au point de pas y toucher avec un bâton et des gants Mappa, je parlerais bien avec une meuf pour changer, et ce pédé a lancé l’offensive alors qu’il a une vieille moustache dégueulasse comme on en faisant dans les années 70.

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La moustache c’est sympa, ça gratte le dessus de la teub quand tu te fais pépon.

Bon après, pas de conneries hein. Je ne vais pas faire comme ces gros blaireaux qui tiennent pas l’alcool et qui s’oublient complètement, en mode #tutévukantabulol. Malgré le côté off, il reste toujours ce prisme professionnel, et on se doute tous que les évènements de la soirée vont animer les conversations des semaines (voire des mois) à venir. Tiens! Jonas, qui a décidément trop picolé, commence à se trémousser de manière ostentatoire autour des meufs, tout en agitant son gros bide avec ses mains malhabiles. Les collègues rigolent franchement, étant donné que Jojo se ridiculise bien comme il faut, mais bon il fait rire donc ça passe et on ne lui en tiendra pas rigueur. Pour l’instant.

Le big boss, Fernand, arrive à la bourre, une fois n’est pas coutume. Du coup tout le monde se met au garde à vous, et reprend sa position sociale habituelle (comprendre, des étrons). Forcément, le chef n’a rien organisé (comme d’hab vous allez me dire, mais là ça se voit encore plus) alors que tout le monde attendait qu’il le fasse pour ensuite lui reprocher tout. Alors que quand c’est Ghyslain, tout le monde s’en branle, allez comprendre. Ptet parce que personne ne sait que c’est lui qui a tout organisé, tellement qu’il est transparent et qu’il tente de rentrer dans les conversations, en étant à l’extérieur des cercles, écoutant les conversations sans piper mot ni le moindre sens de ce qu’il se raconte. De temps en temps, il rit, afin de se sentir comme appartenant au groupe : mais vu qu’il ne bite rien, c’est souvent à contre temps, du coup le malaise s’installe et on le dévisage d’un regard en coin, en se demandant ce que fout ce mec. Au final, Ghyslain va terminer la soirée complètement bourré près des chiottes, les larmes coulant le long de ses joues au rythme du fracas bestial animant les cagouinces (mais j’y reviendrai plus tard). Dans tous les cas, même en groupe il reste seul.

Tout le monde observe Fernand depuis qu’il est arrivé, s’attendant à un discours enflammé, qu’il « mène » un peu la soirée. A la place, Fernand va se rincer la dalle avec une mousse au comptoir, parce qu’il est là pour prendre du bon temps, et en off il est plutôt à la cool, sans vouloir tout contrôler. La preuve, il laisse sa femme baiser avec le voisin sans trop lui mener la vie dure, comme quoi il est plutôt souple. Enfin, moins qu’elle, à priori elle gère pas mal le kama-sutra, cette vieille salope. Quelques mange-boules se massent à ses côtés et entament une conversation maladroite, tandis que Jojo prend pour défi de danser avec le chef : nul doute que cet épisode restera en mémoire de tous.

Jojo s’avance vers le boss, en dandinant et gémissant d’une voix bourrée : « alleeeez Fernand, on s’détend!! » et agitant sa grosse bedaine sous le regard gêné de tous. Le malaise (c’est le mot de la soirée), est à nouveau palpable, et tout le monde guette la réaction du chef. Soit il asmate Jojo qui saoule tout le monde, casse l’ambiance de la soirée de part la brutalité des propos, soit il fait ça propre et passe pour un héros, soit il joue le jeu. Devant une foule aux aguets, Fernand réagit : il n’est pas en mode taff, du coup il se ramollit du gland et justifie d’un ton confus un supposé mal de dos. Jojo et l’assistance sont déçus, mais l’incident semble clôt.

Quelques trous de balles discutent ensemble et tentent d’attirer l’attention pour passer pour les mecs sympas de la boîte, alors qu’en fait ce ne sont que les connards qui t’apportent le courrier et que tu regardes à peine parce que t’es en plein sur ta partie de doodle jump. Une musique se lance, et là les gars se lancent dans une chorégraphie bien travaillée. Ils sont tellement ridicules que je lance des applaudissements en rythme, à base de « hey hey hey hey!!! » et de « paaaaa para pa paraaa paaaaaaa » afin que les mecs ne se sentent plus et lâchent tout. Résultat OK, les gars dansent comme des golmons, tout le monde se sent gêné, j’ai un peu merdé parce que je passe pour un mec bon public mais  ça valait le coup, on se fout grave de leur gueule. Y’en a un, qui n’a tellement plus rien à perdre socialement qu’il vient chercher l’embrouille à Nicolas en le bousculant pour draguer la grosse Gégé en l’invitant à danser. C’est là que ça part en couille, mais vla bien.

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Règle numéro 1 : le mec t’enbrouille, tu réponds comme un homme.

Nicolas bouscule le facteur, le mec est véner et du haut de son mètre cinquante, lâche de copieuses insultes et quelques bourre-pifs maladroits qui partent dans le vide. Quelques gifles fusent, les mecs se battent comme des grosses tapettes, putain t’as l’impression que toutes ces conversations sur le MMA à la machine à café n’ont servi à rien. Putain de merde, on croirait voire des lavandières se battre à coups de chiffons, nul doute que le coup est mal parti pour notre Nini, vu la gueule de la Géraldine.

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Allez mec, on s’engraine, je vais te casser la bouche à coups de marteau.

Fernand demande mollement que l’assaut se termine, il est tout rouge, ça doit le faire chier qu’il ne puisse pas terminer la rondelle de citron au fond de son demi-tranche. Je profite de la confusion générale pour envoyer un grand coup dans les valseuses du boss, et fais passer James, le commercial beau gosse de la boîte un peu bourré et au bord du serrage de la plus bonne des meufs de la boîte, comme étant le responsable. Fernand choppe les abeilles et en même temps James par le colbac, tout en couinant comme un porc qu’on serait en train de saigner. Grosse barre de lol.

Le barman commence à gueuler comme quoi on lui fout la merde, d’autant qu’il y a déjà 3 verres de pétés avec notre bordel et que ça commence à bien faire. En plus, quelqu’un s’est enfermé dans les toilettes et les autres clients se plaignent, donc il serait temps de dégager. J’en profite pour charger la gueule à Ghylain, incapable de prendre ses responsabilités en tant qu’organisateur de la soirée et que s’il n’a pas les épaules, il peut rester dans son bureau miteux à espérer que sucer la bite de l’administrateur réseau l’aidera à monter en grade. Après une telle violence verbale, ce pauvre geek pète un câble et fonce aux toilettes. Il tombe sur Amélie, sa collègue plutôt pas mal et qu’il rêve depuis des mois (il avait d’ailleurs géré l’organisation pour qu’elle le remarque), qui est tellement bourrée qu’elle annonce avoir « décidé de sucer tous les mecs de la soirée… sauf toi, t’es trop cheum ptite bite! », dit-elle en explosant de rire et en repoussant de l’index notre malheureux organisateur qui s’effondre en chialant sur le strapontin… réservé par un groupe de 3 colosses qui est allé fumer dehors. Nul doute qu’à leur retour, on va rigoler, d’autant que j’ai fauché leurs portefeuilles en début de soirée.

Parlant de ça, j’en profite pour tirer dans le larfeuille de tout le monde, et je bourre quelques billets dans le larfeuille de cet enculé de chef de service, Richard. Nul doute qu’au moment de la note, ça va jaser quand tout le monde va devoir payer. Ca, c’était pour avoir refusé mon augment’, Richard le clochard!

Pendant ce temps, cette grosse pute de Jackie, bigotte, 3 gosses et complètement déformée, a besoin de se faire ramoner la chatte façon hardcore depuis son divorce. Elle a une putain de faim, et la garce met la main au panier d’un des gars de la compta, elle veut prendre sa dose, façon peinture hardcore d’intérieur made in Valérie Damido ; ça va être vraiment dégueulasse, elle est tellement en manque avec sa vie misérable que j’ai l’impression qu’elle va le violer sur place. Pauvre mec, mais en même temps c’est sa seule chance de s’amuser sur autre chose que sur des photos de gamines de 10 ans qui sucent des adultes.

J’en profite pour me barrer de cette soirée de merde en saluant tout le monde avec un grand sourire, prétextant devant raccompagner Natacha, ma collègue qui est pas si moche avec deux verres dans le nez. Surtout qu’elle est au bord de tomber dans les vapes… personne n’en saura rien au final, et puis tant que ça rentre, c’est légal, non?

Nul doute qu’on va en entendre parler pendant des mois, de cette petite soirée. Et dès lundi, surtout quand je vais sortir les photos de Jojo qui fait l’hélicoptère avec sa bite.

Chignolement votre,

 

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