Photographes, chiens d’la casse

J’étais tranquillement en train de me caresser devant des photos coquines sur internet, quand soudain l’illumination m’est venue. Derrière cette avalanche de poses lascives et de chairs dénudées, il y a bien quelqu’un pour capter cette image.

Les technologies actuelles ont permis d’asseoir un véritable diktat du visuel, donnant à de simples observateurs le pouvoir de faire plier le monde sous leur volonté. Oui, rien que ça, et comme d’habitude, je ne vais pas faire dans la demi-mesure.

Comme le titre laisse subtilement entrevoir le thème, je ne vais pas parler des trous du cul qui se prennent pour des artistes avec leur perche à selfies : ce ne serait que donner trop de place à ces narcisses plus occupés à rater leur cadrage qu’à montrer correctement l’arrière plan salement masqué par un visage définitivement disgracieux. Je ne parlerai pas non plus des ignobles montages photos qui parsèment le web, tels les hommages insultants à Claude François qui n’ont qu’un objectif : donner du travail supplémentaire aux ophtalmologistes.

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Comme dirait Raptor Dissident : expliquez-moi cette merde.

Nous allons donc nous pencher aujourd’hui sur le photographe, cet être à la fois étrange et fascinant, et il est temps de traiter ce sujet vu que j’en suis déjà à 200 mots et que je n’ai encore rien dit. Le photographe, c’est le bonhomme qui passe son temps à vous saouler avec des termes techniques, et qui met 2 jours à faire un cadrage alors que t’es en équilibre sur une chaise avec une rose dans le cul pour faire rire les copains.

Le photographe est un gros snob. Tous les photographes sont des « passionnés », et dès que ce mot-là est évoqué, je peux vous assurer que derrière c’est typiquement le type de population qui en trimballe une sacré couche. Le vocabulaire, ça y va à fond pour justifier l’achat de matériel exorbitant et hors de prix. Putain, il y a la faim dans le monde et des connards d’ingénieurs passent encore leur temps à essayer d’offrir à des riches européens des « vitesses d’obturation » de plus en plus impressionnantes, ainsi que des « focales » qui claquent leur race, alors qu’en fait c’est pour prendre des photos du clebs dans le jardin le dimanche pendant que tu cuves sur ta terrasse. Tout ça pour la branlette du chiffre et l’impression de bénéficier d’une avancée technologique parce qu’il y a un petit chiffre qui change par rapport au matériel que t’as acheté l’année dernière et qui est déjà bon à jeter.

« Canon ou Nikon? », j’ai la réponse : on s’en bat les couilles. Ces guerres de clocher façon qui a le matériel le plus abouti alors que seuls les noms et la disposition des boutons change, ça ne sert à rien à part être pris pour un con et cracher au bassinet.

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Un débat passionnant, au même titre que l’hippopotame vs l’éléphant.

Le photographe lambda a une tête de con. Trop timide pour poser la question ou trop entreprenant pour que les gens accepte, il prend les photos en screud, façon « je suis un artiste qui veut capturer l’instant » mais en fait il cherche simplement des photos sur lesquelles se faire des veuves poignet. De temps en temps, j’éprouve un malin plaisir en voyant un des photographes sur le bord d’un match de foot se prendre un ballon dans la gueule. Pour un mec qui fait de l’observation son fond de commerce, c’est quand même un comble.

Le fin du fin, c’est le photographe qui se met en scène : merci mec mais t’es gentil, tu restes modestement derrière ton boîtier, tu cadres, tu appuies sur le déclencheur et tu fermes bien ta gueule.  T’as qu’à faire les fameux selfies que tu fustiges, tant que t’y es… Estime-toi heureux qu’on te permette d’assister au mariage de la cousine Cosette, avec un peu de chance tu trousseras une demoiselle d’honneur avant la fin de la soirée et en plus tu pourras même taper dans le gâteau. Sans compter que maintenant, tu réclames du flouze!

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Une magnifique photo. J’aime ce regard malicieux.

Autant les mecs avec des grosses voitures compensent inévitablement la taille de leur bite par les proportions excessives de leur engin, autant le photographe n’hésite pas à mettre la main au portefeuille pour acquérir les zooms les plus énormes. De là y voir un complexe phallique, il n’y a qu’un pas.

Bon OK, celle-là elle était facile, du coup on va taper dans le dur. Le photographe, par essence, n’a pas de couilles. Il va se planquer derrière son appareil pour tout un tas de raisons, on va en voir ici deux. On appelle ça au mieux du déni par intellectualisation, au pire de la malhonnêteté intellectuelle.


La démarche artistique

Magnifique écran de fumée, ça permet d’aborder n’importe quel sujet de façon détachée voire prétentieuse, et d’inviter le sujet à faire n’importe quoi. « Je suis passionné de photo sous-marine, et je te propose de venir participer à une de mes fresques dans mon studio privé. Je projette des images de fonds sous-marin sur ton corps nu, mais ne t’inquiète pas, ma femme est au courant. Par contre elle ne sera pas là quand on fera la séance, hein, lol. »
Du joli foutage de gueule.

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La photo, c’est bien l’occasion de mater des petits culs.

On l’a vu avec le calendrier Aubade, tout le monde ne parle que de l’esthétique mais finalement s’en tape complètement ; les mecs se pognent sur les photos, les meufs veulent se sentir belle et du coup tout le monde met la main au portefeuille et achète des ensembles à 150 boules pour avoir une baise un peu plus correcte que d’habitude. Et ça fait plaisir aux industriels qui se gavent sur le marché du sexe.

Le devoir d’information

Ah, ces courageux reporters de guerre. Plutôt que de filer un coup de main au gamin qui crève au milieu des balles, on préfère le prendre en photo et empocher le Pulitzer, c’est plus sympa. Et puis merde, ça fait prendre conscience aux cons qui se doutaient pas que la guerre ça tue, du coup c’est à eux de gérer maintenant qu’on les a informés. Pas bête, ce petit processus de responsabilisation.

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*clic* Voilà les mecs, j’ai fait mon taff. Maintenant, veuillez envoyer des graines pour oiseaux histoire de résoudre le problème.

Comment? vous ne comprenez pas ce qui choque? Ah, bin on va faire comme eux.

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Le mec qui a pris cette photo a bien balancé ses potes comme une baltringue.

Ce qui est amusant, c’est que dans notre société, on s’appuie énormément sur les images, c’est ce qui fonctionne le mieux. Les memes sur internet, les photos « choc » pour illustrer un article, tout ça passe forcément plus facilement qu’un texte de whatmille lignes parfois bien écrit. Mais comme tout toi aller vite et être facile d’accès afin de s’approprier au plus vite l’information, on passe finalement son temps à courir dans tous les sens sans jamais rien approfondir. Zapping!

Ce mode de fonctionnement est en parfaite adéquation avec les « marchands de mort » qui vivent sur nos émotions (principalement la peur) pour gagner leur croûte, bien servis par nos amis les photographes qui sont véritablement la main du diable en ce monde. Terribles instruments du mal, ils se délectent sur nos carcasses tels des vautours, enfonçant leur cou noueux entre nos côtes pour fouiller nos viscères et en extraire notre matière organique, si précieuse et si vitale.

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