Les marchés de Noël

La période actuelle est propice aux discussions autour des fêtes : « T’as fait tes cadeaux? Vous allez manger où pour Noël? C’est pas un peu consumériste comme fête? ». C’est fascinant de voir l’enthousiasme pour cette période froide et morose, quand les chefs d’entreprise mettent la pression à leurs salariés pour poser leurs congés et boucler leur bilan comptable (on n’embauche pas avant l’année prochaine, noraj les fdp), quand les sans abris crèvent par milliers dans les rues parce que ça caille et quand les juifs et les musulmans s’en tapent complètement, parce que pour eux c’est Noël tous les jours diraient nos amis complotistes.

Fort heureusement, l’être humain qui sait, au fond, être bon et surtout tirer partie de la moindre possibilité de rentrer de la caillasse, a eu la riche idée d’organiser un commerce particulièrement lucratif, notamment dans les grandes villes. Je veux parler des marchés de Noël, mais dois-je vraiment le préciser dans la mesure où le titre aguicheur vous a amené à cliquer par milliers sur cet article, même si je dois l’avouer que ce titre est pas assez putaclic comme tous les articles de merdes qui paraissent sur le web parmi les sites à morandiniouzes tout daubés, oui que cette phrase est longue mais au fond je vous encule?!

Note : j’aurai très bien pu coller un titre rigolol, genre les « marchier de Noël ». Vous avez échappé au pire.

Toujours est-il que ma grosse femme, hypée par les discussions de bureau et le concours de bite social permanent à la machine à café, vient me voir alors que j’étais en train de me branler dans mes chiottes. Derrière ma porte, et sachant que j’ai attaqué en même temps l’expulsion de mes matières fécales, elle m’interpelle pour que je me sente dans l’inconfort : en effet, quoi de plus terrible qu’au milieu d’un cigare, un sursaut vous amène à couper votre crotte?

« Chérie, y’a le marché de Noël en centre-ville, on pourrait y aller ? Il y a plein de stands très mignons. »

Mignon. Ce terme usé jusqu’à la corde par la gente féminine est tellement galvaudé qu’il en a totalement perdu son sens. La preuve? « Regarde ce petit chemisier, il est tellement mignon! » Regarde cette maison sur la colline, elle est trop mignonne! » « Regarde ce petit bébé, il est trop mignon. ».

bb9-525x700
Ah il est… mignon.

Du coup, je me méfie, mais bon, si c’est pour m’éviter de terminer ma branlette alors que mon caca est semi-tombé et bénéficier d’un gobage de ma grosse tige en soirée, je peux faire l’effort.

On part donc en transport en commun, parce que c’est trop le bordel pour aller en centre-ville en caisse. Aux abords du marché de Noël, nous remarquons déjà les décorations qui émerveillent petits et grands, mais également les clochards et autres punks à chien qui jonchent les rues en ces belles périodes de fête pour essayer de grappiller quelques piécettes aux bonnes âmes venues dépenser leur argent afin de se faire un repas de roi (comprendre : 8.6 et pâté de Lidl).

« Bonjour! A votre bon coeur msieur dames! » lâche un clochard d’une voix rocailleuse, expectorant un mollard verdâtre sur le trottoir dans notre direction. Comme tout passant qui se respecte, nous faisons mine d’être totalement absorbés par notre conversation et ignorons totalement le malandrin qui tente d’attirer notre attention tel un enfant de 4 ans qui montre son dessin dégueulasse à la recherche de l’admiration de ses parents. Espérons qu’il meule bien la nuit suivante, histoire que ce type d’énergumène se fasse un peu plus rare.

Note : il faut que je sorte de ces histoires d’enfant, ça commence à puer du cul. Comme une couche sale.

Nous pénétrons dans l’allée principale du marché : les petites maisons, louées à prix d’or par la mairie, sont toutes tenues par la pire espèce d’opportuniste du monde : les commerçants itinérants. Fiers de vendre leurs merdes à prix d’or et stimulés par l’effervescence des fêtes, ils alpaguent les passants comme s’ils étaient des proies potentielles. On se croirait à la foire exposition au milieu des vendeurs d’aspirateur et leurs blagues misogynes, c’est fantastique. Mais quelle enculade cet évènement! Si les allemands avaient fait leur boulot correctement en 40, ils auraient du commencer par raser le marché de Noël de Strasbourg, on aurait été tranquille les décennies suivantes.

Nous évoluons, les yeux brillants, au milieu des splendides œuvres artisanales de nos chers « créateurs » : décorations de Noël faites main, bonnets fantaisies, chaussettes tricotées, les chandails en mohair… non je déconne, c’est atroce.

il_340x270-673081796_5wrg
Sainte merde à vendre.

A croire que tous les connards de baba de la planète se sont donnés rendez-vous pour faire le pire concours de mauvais goût, histoire que ces enculés de citadins, bouffés par leur bobotisme exacerbé, trouvent ça trop génial de porter une chapka avec leur veste  De Fursac. J’ai la tête qui tourne, cerné par autant de fils de pute au mètre carré, qui s’extasient à être serrés comme des sardines pour acheter trois merdes à prix d’or. C’est hyper cher mais putain, t’as les mêmes horreurs à Gifi et pour trois fois moins cher ! La différence c’est que c’est pas Wang, 11 ans, qui a cousu le bordel mais Eléa, 25 ans, pute cokée qui branle rien de ses journées grâce à la famille, toujours là pour rattraper ses crises d’anorexie et sa rébellion toute relative contre la société. Du coup comme c’est local, c’est vachement bien.

Fantastique participation des canadiennes venues vendre leur sirop d’érable sur place : cette bonne blague. La semaine dernière j’ai croisé ces deux connes, elles étaient soit-disant belges et vendaient des frites dans un supermarché. Vous me direz : les accents de merde se ressemblant ça fait quand même illusion.
Au loin, le vendeur de chichis (et autre malbouffe horriblement grasse) fait payer un max ses machins frits dans de l’huile de vidange recyclée. Mais attention, il met du sucre glace sur ses gaufres, ça fait tellement Noël, c’est l’enculade  #SantaClaus. Vite, on twitte et on donne son avis sur tripadvisor, ça permettra de se la péter en direct 2.0. Et un petit périscope en s’enfilant un bretzel, c’est tellement trendy qu’on peut rentrer pour se mater un petit tvshow à la cool. Putain de génération de merde et ses expressions de fils de pute.

En parlant du Père Noël, il est là, c’est un jeune un peu gros qui tient le rôle, avec un fort accent du tiéquar qui fait marrer quand il demande aux gamins si ça va : « bien ou bien, gros? ». Pitoyable, et encore on a du cul, le vieux qui tenait le rôle l’année dernière s’est fait attraper la main dans le sac, enfin plutôt dans le slip d’un jeune garçon. Comme quoi même en étant ancien ministre, on ne fait pas ce qu’on veut.

On se fait tellement plaisir sur le plan auditif : la fanfare communale est là, à nous assourdir à grands renforts de cuivres et autres instruments à vent mal utilisés. Les chants de noël sont vociférés pour couvrir le brouhaha de la foule, rendant l’ensemble encore plus tonitruant. Enfin, je remarque bien évidemment le petit chapeau tenu par Mélodie, avec son sourire de petite pute de 8 ans qui racole déjà pour de la caillasse : quitte à payer pour cette bande de cons, autant mettre la main au portefeuille pour les faire taire. Je me fais une note mentale pour en parler à Zbiniew, mon pote Ukrainien qui aime bien vendre des pièces détachées, particulièrement les organes vitaux.

marche-noel-2015-14
Le travail des enfants, ça se fait aussi chez nous.

Le vin chaud à 5 balles le godet coule à flots, et bien évidemment les esprits s’échauffent, d’autant que c’est juste de la villageoise chauffée 20 minutes avant d’être servi. Au passage, tout est fait pour passer à la caisse, donc des packs tout faits pour le préparer chez soi sont proposés aux visiteurs, et à vil prix bien entendu. Quelques bousculades commencent, et c’est pas mal parce qu’on avance plus vite. Une dame commence à couiner, quelqu’un vient de gauler son porte-monnaie dans sa poche : ça t’apprendra à te pointer avec 100 balles en liquide pour acheter des merdes, salope. Des pickpockets sévissent, visiblement les clochards ont décidé d’investir les lieux plutôt que rester en périphérie, et ça fout le bordel. Je colle discrètement une claque par derrière à un gamin pour me détendre, et accuse immédiatement le marginal à ma droite qui tente de dépasser tout le monde. Furieux, le père protecteur se jette sur le pauvre hère, non sans décocher par mégarde un coup de genou dans le visage de son fils ; dommage, il venait de sortir deux dents définitives.

santa-drunk-on-toilet
Trop de vin chaud tue le vin chaud.

Deux trois coups d’épaule plus loin, nous nous extirpons de la masse alors que les condés rentrent par l’autre-côté du marché, et je rassure ma copine apeurée qui a visiblement mal vécu cette expérience où elle s’est retrouvée compressée par une foule en panique.

Visiblement ce soir, non seulement ça va être fauteuil, pantoufles et feu dans de la cheminée, mais le vieux mâle aura également droit à sa pipe. Brillant. Merci les marchés de Noël.

Chignolement votre,

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s