Délivrance

Des mois qu’elle me déteste. Soit-disant que c’est ma faute, que j’ai balancé la purée égoïstement et que comme d’habitude, je ne pense qu’à moi. Je ne la comprends pas, et elle gueule dès que j’essaye d’avoir un peu de temps pour me retrouver ou partager de l’intimité.

Que je rentre à 4h du mat, après une soirée dans les bars avec les collègues, ou que je tente une saillie surprise alors qu’elle somnole, rien ne va! Ce qui devait être le fruit de notre amour tourne au cauchemar, et j’ai l’impression que c’est ma faute alors que j’en voulais pas. Putain de bonnes femmes.

Comment, c’est trop subtil comme introduction? Bon, rappel des faits. J’ai engrossé bobonne par mégarde, et du coup c’est parti pour devoir gérer un lardon pour quelques années. La merde, je m’étais fait à l’idée à la longue, mais là ça devient compliqué.

Bouli a pris 30 kg depuis le début de sa grossesse, et il s’avère que l’échographie a été décevante : je voulais une petite fille pour lui donner le bain jusqu’à ses 18 ans et profiter d’une représentation de ma femme telle que je ne l’ai jamais connue, vu que mes premiers coups de lime dans son intimité se sont produits alors que madame avait déjà été utilisée depuis bien longtemps. Ce sera donc un mini chignole et pas une mini chignolette, dommage.

Ma femme est dégueulasse : entre la rétention d’eau, le diabète de grossesse et les montées d’hormone qui délitent totalement son caractère d’ordinaire avenant, je me retrouve à me saouler la gueule pour venir me coucher sur elle, non sans me prendre une volée de bois vert parce que je fais pas les choses bien.

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Pour la déconne, je l’ai appelée « Tigresse ». Ce trait d’esprit m’a valu une gifle et 3 jours de reproches.

Pour couper court aux engueulades perpétuelles et aux regards haineux qu’elle me lance quotidiennement « parce que je suis responsable de son état », elle s’est réfugiée chez sa deuxième meilleure amie Noémie, la grosse gentille à l’oreille attentive qui vit toute sa vie par procuration parce qu’elle est trop grasse pour entamer les choses par elle-même. Au moins je suis pépouze et je peux rattraper mon retard sur les séries que j’avais zappées depuis des années, une bière à la main. Profitons de ces derniers instants de célibataire, ça va piquer dans quelques temps, vu que je ne pourrai rien faire sans entendre le mot « enfant » dans une phrase.

Toutes les connasses autour de moi n’arrêtent pas de me donner des conseils et me proposer de lire des livres et autres blogs de connards qui racontent leur vie de papa fragile. Soit-disant que c’est mieux pour s’occuper de l’enfant, mais bon au début ça va être cool, je vais rien faire et prétendre avoir la nausée quand faut lui torcher le cul. Légitime, vu que c’est elle qui le nourrit, je vois pas pourquoi je devrais ramasser les crottes dans sa caisse.


Finalement, bobonne est revenue à la maison. On ne se parle plus de toutes façons, donc ça ne change rien ; c’est salade de culs tournés quand on dort ensemble, ce qui n’est pas si fréquent que ça, étant donné qu’elle préfère se vautrer toute la nuit devant la télé à bouffer des chips comme une grosse truie.

Elle a mal au bide, mais à mon avis c’est plus les gâteaux apéros que les contractions. Cela étant c’est bizarre, ce matin elle vient me voir en sanglotant, m’appelant « mon chéri ». Elle sent que le petit arrive, nom de dieu c’est le grand jour et on oublie tout!!! Nous rassemblons les affaires et fonçons à la maternité. Sur le trajet, cette pouffiasse serre pas assez les cuisses et me trempe le siège de la Mercedes, revêtu de laine de poney afghan. Putain mais quelle conne! Elle va me faire chier jusqu’au bout avec sa grossesse!

On arrive là-bas et je n’existe plus : limite je serai en métal et en roulette on m’adresserait mieux la parole, madame est reine et je ne suis bon qu’à porter les bagages. Et à fermer ma gueule. Col à 6 cm, ça devrait aller vite.. ça serait allé encore plus vite si j’avais pu y glisser  vigoureusement mon anaconda, mais bon on ne peut pas faire un accouchement parfait à tous les coups.

Après avoir supporté pendant 2h ses hurlements, la délivrance arrive enfin : les infirmières lui font la péridurale. Quelle bande de feignasses putain, et dire que c’est payé avec nos impôts! Et le pire c’est que les gonzesses (pardon, les sages-femmes) passent leur temps à discuter de tout et de rien avec ma femme. Genre vous avez pas des gens à sauver, non, votre boulot c’est de taper la causette et donner des ordres de merde (« poussez, relâchez, respirez »). Même les profs d’EPS sont plus actifs, c’est pour dire. Bon bref, au moins maintenant elle ferme sa gueule, et elle s’endort, pendant que tout se fait tout seul.

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Pire que la DDE ces connasses : une qui bosse, les autres qui regardent.

Madame se réveille 20 minutes avant la sortie de la bête : avec tous les produits qu’elle a pris, elle est plus chargée que Maurice Green, par conséquent les poussées qu’elle produit sont terrifiantes. Si elle pouvait contracter son périnée avec autant de force, je serai plus heureux des hommes mais bon, hein, on n’a pas tous de la chance. Ça pousse, elle hurle, j’ai bien fait de mettre des boules quiès.

Je me suis placé de façon à ne pas empiéter dans le champ de la caméra, et fait un peu bouger l’aide-soignant qui va m’empêcher de poster la vidéo qui sera en top page de malaise TV pendant 3 semaines. Cela étant, je me cale à un endroit où je vois pas trop la bouillie qui est en train de se faire au niveau de son entre-jambes, parce que vu les bruits y’a pas qu’un enfant qui est en train de sortir, ou alors il a décidé de chier en même temps.

D’un coup, je distingue son abricot se déformer horriblement, laissant paraître la tête violette de l’immonde homonculus, qui était jusqu’alors en reptation dans ses entrailles depuis de longues heures. Une violente nausée me saisit, alors que la sage-femme empoigne les épaules de la bestiole pour l’extraire de la salle de jeu.

J’ai l’impression d’être dans la scène du film Délivrance où le redneck fait un mauvais sort à la rondelle du touriste. Puissance mille. Autant vous dire qu’on est dans le festif façon Fistinière.

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Le point commun avec l’enfant? Le physique et la couche culotte. Le point commun avec la mère? il se fait déchirer le cul.

Des bruits de succions peu ragoûtants parachèvent l’extraction du nourrisson dans un vacarme de hurlements. Le schtroumph est couvert de jus de chagatte, limite je l’envie tellement ça fait longtemps que j’ai pas limé. J’aurais jamais cru que ce moment m’aurait filé une demi-molle. On me demande de couper le cordon, à croire qu’ils ne veulent pas prendre la responsabilité en cas de ratage. Je sais pas d’où ça sort cette coutume, mais je trouve ça très con, d’autant que je suis gaucher et que leurs ciseaux de merde, contrairement à moi depuis le début de la grossesse, sont mal branlés. Je m’acharne, et au bout de 4 ou 5 essais, je termine de mettre en bouillie le segment cartilagineux qui reliait ma femme à la bestiole, sous les applaudissements nourris des connards qui sont content pour moi. Ou soulagés que je ne lui ai pas entaillé la bite, mais ça ce sera pour plus tard, circoncision inside. Etant donné le monde actuel et ce qu’on lit sur le web, autant se mettre du côté des vainqueurs.

Après cette séance de boucherie qui mettrait en émoi les 90% des équarrisseurs polonais, on me colle la chose dans les bras, hurlante et gesticulante, tandis que madame se fait recoudre la cramouille. Genre elle peut pas le garder sur elle à ce moment, en le calant entre ses gros seins veineux.

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Les gros lolos, ça me file le gourdin.

Bon c’est pas tout ça mais il est tard, je refourgue le mouflet à bobonne et retourne à la maison, je suis fatigué et vu la symbiose des deux, j’ai la paix pendant au moins 3 jours. Nourrie et blanchie par l’hosto, elle me traînera pas dans les pattes, donc autant profiter le plus rapidement possible de mes derniers jours de tranquilité, après ça va être Bab el oued dans la cabane.

Et puis, j’ai la Merco à nettoyer et un film à monter, donc faut pas traîner.

Chignolement votre,

 

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