Je blague

Préambule

Oui, ça fait presque 3 mois que je n’avais pas publié d’article, mais bon, j’avais autre chose à foutre et puis vous savez, l’inspiration c’est comme la qualité : on a du mal à la trouver, et parfois quand on pense tenir la perle rare, on est finalement déçu. Une remarque au passage : ce n’est pas une métaphore avec le fait de se taper une petite asiatique, donc calmez-vous. La Chine n’est plus l’usine du monde, donc arrêtez ces amalgames outranciers, bande de fils de pute.

Du coup je vais peut-être changer un peu mon style. Mais bon, ça je verrai au fur et à mesure que mon texte s’affiche sur l’écran.

Droit dans le sujet

Assumer. Un bien grand mot actuellement, où l’heure est plus à la tricherie et le chacun pour sa gueule, tout en restant bien « drwadansébotes ». On ne va pas parler de politique, mais plutôt de machine à café.

On se fait plaisir à la COGIP comme d’habitude, à rigoler autour de la dernière bourde par mail de la secrétaire qui A TAPE CORDIALEMENT EN MAJUSCULES MDR, du coup on l’appelle la dactylo hahaha putain c’est marrant. Et puis y’a aussi Jean-Huber qui, l’autre jour, a fait les photocopies, mais en recto-verso du coup Charles-Henri est venu dans son bureau à l’autre bout du bâtiment parce qu’il comprenait pas pourquoi le texte était imcomplet (parce qu’il avait pas tourné les feuilles looooool). Du coup ça fait 3 mois qu’on rigole sur ces trucs, ça met une bonne ambiance.

Et l’autre jour, la secrétaire de direction s’est vu son bureau rétrécir. On a remarqué ça du coin de l’oeil, du coup on osait plus trop faire nos blagues, parce que ça pue quand même, elle a sans doute perdu en grade. Nous on bosse dans les open space à 4 dans un espace qu’elle a pour un, mais on s’en bat les couilles parce que comme ça on peut parler tout en bossant, et puis on peut se jeter des projectiles au visage, comme des balles en mousse ou des mouchoirs roulés en boule et pleins de sperme. L’éclate.

Mais bon, ça fait chier pour Jeanne-Emmanuelle, du coup elle doit avoir les boules. Alors tout le monde y va de son petit mot pour la remonter, selon son style bien entendu, mais sans aborder le sujet de front parce que, ho, c’est manquer de tact : certains déboulent dans son bureau et lui envoient une boutade du type « hé dis donc, qu’est-ce que t’es serrée, au fond de cette boîte, elles chantent les sardines? Et qu’en disent les aromates? », d’autres s’inquiètent un peu plus et viennent lui dire que c’est dégueulasse ce qu’on lui fait, qu’on est de tout cœur avec elle mais que bon, c’est l’heure du café et de la pause Twitter donc on arrête la conversation et repartons avec la satisfaction du devoir de solidarité accompli.

Ça fait à présent 3 semaines que dure la situation, et tout le monde y va de son petit mot, y’a même José du syndicat, celui qui parle bien (parce que, lors des meetings, même quand il fait des phrases dans le micro crachotant t’as qu’une envie c’est de l’applaudir alors que t’es de droite et que t’aimes pas les feignasses) qui a dit que c’était un manque d’estime de la direction des salariés et un message très négatif envoyé à leur encontre, dans le contexte social actuel. Putain j’ai rien compris, mais j’ai applaudi quand on m’a répété ça à la cantine, le plateau à la main. Dommage que José ait pas été là, il aurait apprécié.

Et puis un jour, y’a Marc-Gérard qui se pointe dans le bureau de Jeanne-Emmanuelle et lui tint à peu près ce langage : « Salut J-E, dis donc, tu le prends pas mal pour ton avancement la taille de ton bureau? C’est quand même pas normal qu’on te fasse ça! ». Le commentaire de trop :  Jeanne-Emmanuelle a pété un câble.

En fait, la réduction de la taille du bureau était de sa propre initiative, pour permettre à une nouvelle embauchée de disposer d’un espace confortable pour s’installer, et pas un coin de bureau temporaire généralement réservé aux stagiaires étrangers du Magreb, qui n’ont que ce qu’ils méritent dans le contexte actuel pour les français caucasiens qui se lèvent tôt et qui se font spolier leur système social par des gens incapables de négocier correctement leurs conditions de vie chez eux.

Tout le monde était parti dans son interprétation de la situation comme quoi J-E subissait, et personne n’a posé la question directement. Magique.


Voilà, tout de suite c’est la lolade, on fait des blagues, on s’indigne, on gueule parce que c’est pas juste, en sortant parfois du bon mot histoire que ça soit sérieux au fond, mais pas trop quand même. Et finalement, c’est de la merde, un peu comme phrase précédente qui veut tout et rien dire, mais surtout rien au final parce que c’est trop risqué.

Le nombre de situations à la con par jour de ce type, c’est infernal : « ton fils est pédé? bin ferme bien la douche quand t’es dans la sale de bain alors. […] Ca va, je rigole, allez, un peu d’humour!!! »

Sous couvert de l’humour, on pense tout faire passer, et finalement on traite le sujet avec tellement de légèreté qu’on peut en oublier le sens initial de ce qu’on voulait faire passer. A force de « troller », comme disent les gens des internets, nous ne sommes plus capables de discerner le vrai du faux dans les propos, l’ironie du second degré et à l’arrivée, nous ne sommes plus que des caricatures de nous-même : on devient le connard dont était censé se moquer en adoptant une attitude excessivement désinvolte, qui, finalement, ne sait que rire grassement des sujets les plus graves sans jamais vraiment apporter une réflexion.

Vache, que cette phrase est sérieuse, vite, un peu d’humour pour faire passer ça aussi facilement qu’un préavis de grève au point syndical des cheminots.

Cela étant, c’est aussi révélateur d’un manque de couilles de certains : plutôt que de se dire les choses, on va plutôt attaquer à la rigolade, et voir comment ça tourne (#rattrapageauxbranches). On peut revenir facilement sur du sérieux si c’est possible, sinon, un bon vieux « je blague!! », même si c’est pas drôle, permet de faire tout passer, comme ça t’es jamais pris en défaut, t’as jamais tort, tu gênes pas vraiment en fait vu que t’es pas sérieux. La solution ultime à toute forme de communication compliquée en somme, un peu comme le c’est pas faux de Perceval.

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Les apparences sont sauvées, même si tu ne comprends jamais rien.

Quelques exemples, rajoutez je blague si ça tourne mal et vous comprendrez vite :

« Ça te dit de tester la sodomie ce soir? / ah mais c’est dégoûtant!!!! / <insert je blague here>« 

« Hé, balance pas ton papier par terre/ Ca va, de toutes façons on sera mort quand la planète sera pourrie / Non mais tu ne respectes rien là!!!! / <insert je blague here>« 

« Alors, comme ça t’as un cancer? Je pensais que t’étais Verseau! HAHAHAA / […] / <insert je blague here>« .

Vous voyez, ça passe plus ou moins bien, un peu comme une bite de noir dans un nouveau né. Non mais je blague, hein.

Chignolement votre,

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