Tourista

Ça y est, la belle saison est là. J’étais tranquillement en train d’essuyer les traces de semence sur mon De Fursac quand Roger de la compta est venu pour me proposer une soirée plage entre collègues. Après lui avoir amicalement proposé d’aller se faire enculer, j’ai répondu par la négative à la chose.

Attends, les beaux jours pour aller à la plage, c’est la plaie, surtout si t’as la chance d’aller à côté. Pourquoi? Mais à cause des touristes putain!

Juillet/Août sont les mois où pratiquer des loisirs sont un cancer quand ta région est touristique. Autant t’es peinard pour aller au taff et que t’apprécies enfin la 3 voies construite à 2 kilomètres de ton 2 pièces payé 300 k€ sur 30 ans, autant le simple fait d’envisager se dorer la pilule sur le sable doré file la migraine.

Les enculés, payés à rien foutre (#congépayé), débarquent dans ta région. Non contents de s’entasser dans un confort plus que spartiate et s’essuyer les fesses avec un rouleau de papier toilette fièrement porté sous le bras après un trajet de 5 minutes à travers le camping, il se gargarisent de leur misérable séjour et vont célébrer ça en allant voir Patrick Chirac au ciné, histoire de se dire que c’était bien sympa les vacances sous la tente.

Les touristes, c’est l’enfer. Autant les locaux sont des gros cons, comme j’avais pu le démontrer si brillamment à travers un précédent article, autant eux sont de véritables cancers nécrosants de l’anus sanguinolant. Oui, rien que ça. Ils arrivent par wagons entiers, saturant gares, aéroports et routes. Nos têtes pensantes pourraient quand même réfléchir à des solutions, ça fait des années que ça dure.

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L’Allemagne avait trouvé des solutions à l’invasion touristiques : des trains et des lieux d’arrivées dédiés. Et on a vite oublié que la SNCF s’est fait des couilles en or avec cette affaire.

Tu m’étonnes que les honnêtes travailleurs fassent la gueule de se faire sucrer leurs loisirs par cette meute infâme, surtout quand t’es payé 1200 balles pour 12h de taff par jour à torcher le cul des poules. Imagine : tu veux partir faire coucou à Mamie Janette un vendredi soir, et bin c’est pas la peine, mieux vaut partir en pleine nuit, et à pied! La vieille sera cannée avant même que t’aies frotté tes pieds sur son paillasson, merci les touristes!

Forcément, les restaurants sont obligés de s’adapter : tu ne peux décemment pas servir ces foules affamées sans produire de façon industrielle. Deux solutions bien évidemment : soit tu baisses la qualité, soit tu fais du tout venant façon moules-frites. Tout ça pour contenter une bande de pique assiettes qui gueule quand tu ne leur files pas du pain gratos en quantité suffisante pour éponger la sauce tomate agrémentée au jus de bite par tes filous de saisonniers, qui n’ont visiblement pas apprécié qu’on leur renvoie en cuisine des frites crues et huileuses à l’intérieur. C’est une spécialité locale bande de merdes, donc respectez.

Donc forcément, pour faire bâfrer ces connards, tu leur sors le pain décongelé à  la texture du papier mâché, les plats réchauffés au micro-onde et ces connards gueulent alors qu’ils ont quand même fini leur assiette (un peu comme les syndicats qui acceptent à la fin de se faire enculer après 15 jours de grève). Et puis le pourliche, tu te brosses sauf si c’est des russes, parce que eux au moins ils payent, et pas en monnaie de singe.

Le fin du fin, c’est quand même les mecs qui déboulent dans ton patelin, limite à envahir ton jardin parce qu’il était pittoresque, alors que c’était une propriété privée. Et c’est eux qui t’agressent, à la fin comme quoi t’es pas ouvert!! Non mais c’est le monde à l’envers là!

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Ces touristes quand même, ils abusent par moment.

Sans compter le crépitement des flashs qui fusillent les rétines à la vitesse grand V, encore une belle invention des asiatiques pour essayer de nous passer devant. Forcément, en étant aveugles, on sera moins compétitifs, et du coup ils pourront repartir sur la fabrication de produits de merde peints par des petits gamins peu précautionneux qui laissent les traces des empreintes digitales sur le vernis tout frais, et nous niquerons bien la gueule.

La condescendance est de mise pour évaluer ton mode de vie et t’expliquer que t’es très heureux comme tu es, que tu dois être reconnaissant de leur argent gratifiant et qu’être leur carpette attitrée c’est génial. Un esprit féodal en somme, on se croirait revenu au temps des croisades, avec la même rengaine chaque été où on doit s’estimer heureux de se soumettre à l’envahisseur bienfaisant. Putain, c’est un bon concept pour une émission de télé ça, tu prends un connard un peu connu, tu le balances au fin fond de la Creuse et tu le fais s’émerveiller devant la vie trépidante des éleveurs de porcs. De temps en temps il balance une vanne (si t’as un comique) ou il chiale (si c’est un comédien) et banco.

Note : ah merde, ça existe déjà.

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Moi les petits noirs, je les enfile par paquets de cinq. Et avec le sourire.

Fort heureusement, les offices du tourisme veillent au grain et s’assurent de les regrouper dans des endroits précis pour éviter trop de dispersion dans la région. En passant à la caisse, les commerçants se font des couilles en or sous prétexte qu’ils sont à 50m seulement de la grotte reconstituée de Machin Truc, où des ossements mérovingiens du paléolithique inférieur ont été trouvé par un berger et sa fille lors d’une promenade innocente dans la montagne (u scopu di accriscimentu, comme on dit en Corse), il y a 50 ans de cela. Ça permet aux cotorep du coin de raconter des histoires sans queue ni tête (et payés une misère, et ça débarrasse les services techniques de la mairie), on rentre de la caillasse en leur vendant des glaces 10 balles l’unité, soit deux fois le prix d’un carton de six et on se débarrasse des vieilles cartes postales dégueulasses trouvées sur un vide grenier à 1€ les 300 horreurs. Mais c’est typique, donc les mecs sont prêts à payer à prix d’or ces souvenirs, un peu comme l’omelette de la mère Poulard que tu bouffes à 200 à l’heure, entouré de japonais qui te prennent en photo à chaque bouchée alors que ton assiette, c’est 3 cons d’œufs cuits qui se battent en duel, mais qui t’ont coûté le tarif d’un poulet de Bresse.

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De magnifiques merdes qui vont se vendre comme des petits pains.

Ça me rappelle une anecdote en vacances, tiens : le mec nous installe en terrasse. En terrasse, l’argument commercial où tu payes 10% de plus sur la note. T’es sur des chaises inconfortables qui branlent presque autant que la table sur les pavés de la ruelle qui t’accueille ; au-dessus de ta tête, t’as le linge qui sèche et une abominable odeur d’égout remonte régulièrement durant ton repas, te laissant t’interroger sur la source de sa provenance (à savoir le contenu de ton assiette ou bien autre chose). Et le fin du fin c’est quand ton pote, pièce rapportée au bout de la table, est obligé d’incliner la tête en avant pour éviter le rétroviseur de la voiture qui passe dans ton dos. « Typical ».

Le pire dans cette invasion ? Le complot allemand pour reprendre la France, voyons. Ne pensez pas que nos voisins frontaliers vont en rester à la déconvenue de 1945. Nous envoyant ses plus grands soldats d’élite, ils tentent d’ébranler notre culture et nous absorber au fur et à mesure à leurs coutumes barbares.

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Le soldat du futur est déjà là.

Et le pire, c’est que ça fonctionne.
Chignolement votre,

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