Comment faire plaisir à sa pute?

Ah, les temps modernes. Lointaine est l’époque où les couples s’unissaient pour la vie, sans forcément nécessité d’amour et pouvaient souffrir ensemble jusqu’à ce que la mort les sépare. Ou le mur des fameuses « chambres à part ».

La libération des femmes et la modernité de notre société a laissé une place plus large dans le choix des partenaires de ces dames : comme disait le poète, ne la laisse pas tomber, elle est si fragile, c’est une femme libérée.

M’enfin, pour ne pas la laisser tomber, il faut au préalable l’avoir serrée ; et l’époque rend les relations difficiles avec les gourgandines, car autant avant on avait l’embarras du choix et de la dot, autant maintenant les pouffiasses font la loi. Il faut dire que la libération 2.0 des bonnes femmes façon #jefaiscequejeveux et je choisis la bite sur laquelle je m’empale rend la tâche plus difficile : entre les coachs sportifs, les guitaristes sentimentaux et les sites qui vous traitent comme des objets de grande consommation (merci adopteunmec, bande de fdp), il devient bien difficile de trouver prétendante acceptant vos quelques défauts, à moins d’être suffisamment moche voire ridicule pour obtenir l’opportunité de passer aux princes de l’amour.

De plus, serrer c’est bien, mais arriver à garder son TABO (comprendre : son Trou A Bite Officiel), c’est pas une mince affaire. Avant, t’y collais deux claques et tu la renvoyais dans sa cuisine fermer sa gueule en attendant la saillie de 21h (devoir conjugal oblige), maintenant tu traînes la langue par terre pour payer la pension de madame à l’autre bout du monde, pendant qu’elle se fait visiter le fondement par du douchebag lambda entre deux rendez-vous d’affaire. Quelle belle époque.

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Les femmes, c’était mieux avant quand elles étaient dans leur cuisine toute la journée au lui de montrer leurs cuisses dans l’autobus.

A moins d’acheter une femme pauvre dans un autre pays et en faire une esclave soumise à sa volonté grâce au merveilleux pouvoir du portefeuille, je crains que vous n’ayez d’autre opportunité, bande de cancrelats putrides, que de lire les précieux conseils que je m’en vais vous dispenser.

Amis de frenchdoucheseduction et autres conseillers à la mord-moi-le-noeud qui se targuent « d’embrasser en 4 minutes une inconnue », je vous conseille de baiser plutôt vos mères, les seules femmes que vous n’aurez peut-être pas déçues (au moins sexuellement) dans votre vie minable. Oui je sais, c’était gratuit mais bon, ici, on s’fait plaiz, cousin.

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Bonjour, on vous apprend des techniques de ouf pour manipuler les femmes en quelques minutes.

Allez, c’est parti.

Situation de base : vous venez de chopper une nouvelle meuf, et elle a l’air suffisamment bien pour envisager de la garder assez longtemps (comprendre : elle suce sans les dents et elle n’a pas 60 ans).


Vous allez voir, c’est easy, il suffit de passer pour un mec bien.

Conseil numéro 1 : La surprendre.

Rien de tel, pour pimenter le quotidien, qu’un peu d’imprévu. Mais attention, pas n’importe quoi : il est indispensable de savoir se comporter en gentleman, et les surprises façon « je te bloque en pleine nuit sous la couette après avoir lâché un pet truculent » risquent de détériorer définitivement votre relation… ou de confirmer les penchants scatophiles de votre nénette (et à ce moment-là, c’est un excellent indicateur pour aller plus loin façon « chie-moi sur le torse avec tendresse, t’as mangé des pâtes bolo »).

Les magasins low cost façon Gifi, La Foirfouille et consors sont le terrain de jeu du trublion séducteur : osez investir quelques euros par mois, à des dates méthodiquement posées dans votre agenda, histoire de lui apporter un petit cadeau « qui vous a fait penser à elle ». Un cochon ressort, un mug avec écrit « big love » ou un détour exceptionnel chez le pédé fleuriste du coin vous garantira assurément une bonne côté en termes de spontanéité… et pour pas cher en plus.

n’hésitez pas, un soir de temps en temps, à couper la télé pour « discuter ». Elle appréciera.

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Pour la Saint Valentin : offrez-lui un ruban dans un écrin. Et devant elle, vous le fixer sur votre bite en criant « cadeaaaaaaau! ». Redoutable, et classe.

Conseil numéro 2 : s’intéresser à ce qu’elle aime.

Elle vous parle de ses journée et ça vous barbe? Posez-lui des questions différemment. En posant des questions ouvertes (« Mais machine du service compta, par rapport au dossier trucmuche, comment elle a réagi? »), ça vous évite d’avoir à répondre, d’écouter trop attentivement et en plus ça lui donne l’impression que ses histoires de chat et autres conneries de bonnes femmes vous fait sentir concerné, alors que vous êtes déjà en train de penser à la prochaine soirée Pizza-Fifa avec les copains. Gardez tout de même en tête quelques éléments importants (quitte à les noter sur un carnet, genre l’attachement par rapport à sa mère ou encore le plaisir de faire flotter sa cellulite à Caliceo), vous pourrez toujours les réutiliser à bon escient quelques semaines plus tard… et passer pour quelqu’un d’attentif.

Et puis si ça se trouve, vous découvrirez des points communs sur certains aspects, c’est toujours utile.

Conseil numéro 3 : lui laisser de l’espace

Dans le principe « fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse » : En lui faisant penser que vous n’êtes pas exclusif et qu’elle peut passer des super soirées avec ses copines sans avoir votre paire de couilles sur les épaules, vous lui donnerez l’image d’un homme moderne, et en même temps ça évitera de devoir se la traîner quand vous faites un concours de pets dans un bar avec des potes, tout en reluquant grivoisement quelques petits culs d’étudiantes. Cela lui permettra également de se la raconter auprès de ses copines, comme quoi vous êtes l’homme idéal, et ces dernières n’hésiteront pas à en rajouter si vous êtes cool avec elles.

Par contre n’abusez pas et n’essayez pas d’en baiser une au passage, ça génèrerait l’effet inverse.

Conseil numéro 4 : lui vendre du rêve

Restez mystérieux sur une partie de votre vie, type blessure secrète, même fictive. Ça aide. Cultivez une de vos activités favorites et rendez-la épique : champion de votre quartier de Mario Kart ne compte bien évidemment pas, à moins que vous ne vouliez passer pour un attardé de la pire espèce.

Questionnez-la sur ses goûts (indirectement) et ses projets, au bout de 6 mois parlez de vous dans 10 ans, comment vous voyez votre vie, bien orientée sur ses goûts, même si vous vous en branlez. Visez loin dans le temps, ça n’engage pas et ça évite de se retrouver dans la merde parce que le fameux road trip de 6 mois en Inde n’est toujours pas au rendez-vous.

Par contre, faites référence à ce projet et organisez des petites excursions (à budget raisonnable ET partagé, faudrait pas blesser la femme indépendante qui est en elle, toujours dans le respect) à intervalle régulier, histoire d’entretenir le projet.

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3 jours sans se laver, en bouffant de la nourriture en boîte, das un confort spartiate et dévorée par les bestioles, ça la calmera sur ses idées d’aventure.

Conseil numéro 5 : aller plus loin.

A un moment, elle va vouloir aller plus loin : emménager ensemble, faire un enfant, un achat immobilier.

La solution est simple : sortez-lui la règle des x ans avant de vivre ensemble, décalez le sujet avec une histoire passée et douloureuse (même fictive). Ou rompez avec classe, façon vous l’aimez trop, mais pas de la façon qui lui convient. Pleurez devant elle (le jus de citron est très bon pour ça) poser 15 jours d’arrêt maladie et faites la gueule pendant le premier mois dès que vous êtes avec votre entourage. Ce sera également l’occasion de réduire cette petite brioche qui s’est développé devant ces longs mois d’oisiveté… Et quelques semaines après, remettez le couvert, avec de la pute random bien discrètement, histoire de garder la main (et surtout ne pas avoir les noyaux qui explosent).

Ne prétextez pas une stérilité ou encore des problèmes financiers, c’est un coup à faire capoter l’histoire et passer pour un pauvre sans couilles, et là y’a rien de pire. Surtout si vous comptez vous consoler sur une de ses copines après la rupture, notamment Natasha avec ses gros seins et sa bouche de velours.

Ou alors craquez, faites un gosse, achetez une baraque à crédit pendant 20 ans: au pire vous vous séparerez pour les 2 ans du petit, ça lui fera un bel anniversaire et vous aurez une « blessure secrète » pour votre prochain coup.

Chignolement Votre,

 

Conseil : Comment dire non à un mec au moment le plus délicat?

Quelle chaleur dans cette salle! Toute la jeunesse s’est réunie ici pour assister au concert de DJ « Mbal-istik », et avouons-le, vous êtes chaude-bouillante. Cela fait à présent 3 fois que votre regard plonge dans le bleu profond des yeux de ce grand brun  : cela ne laisse pas d’autre interprétation possible quant à ses intentions. Ambiancée, comme dise les jeunes, vous êtes totalement ouverte à une nouvelle rencontre, d’autant que votre vestibule n’a pas été dépoussiéré depuis quelques semaines. Oui oui, je fais du Laurent Gerra dans le texte, c’est dire si je tombe bien bas.Mais bon, on a les lectures qu’on mérite, n’est-ce pas?

Après avoir, à la manière de ces magnifiques oiseaux que sont les paons, fait la cour à base de danses ridicules mais tellement mignonnes, votre chevalier servant vous invite à prendre un verre. Et puis c’est lui qui paye, grand prince! Faut dire qu’un mojito à quinze balles, il ne va pas l’offrir à n’importe qui ; ce geste de générosité ne tolère aucune ambigüité, c’est votre petit cul qu’il veut. Enfin, petit, c’est vite dit, mais ne nous étalons pas sur vos complexes qui vous amènent à regarder des milliers de vidéos youtube sur le fitness sans jamais quitter votre canapé, ce serait partir dans un énième hors sujet dont je suis friant mais qui, hélas, fait perdre le fil du récit à mes chers lecteurs, surtout quand je fais des phrases à rallonge alors qu’il faudrait mettre un point de temps en temps parce que même à l’écrit je n’ai pas le talent de Pierre Desproges. Cela étant je vous encule, paragraphe suivant.

Donc quinze balles, c’est pas cher payer pour une partie de jambes en l’air, et puis vos copines sont derrières vous, à cancaner et glousser comme des connes, tout en vous poussant dans les bras du bel Adonis. Enfin, Adonis c’est vite dit, mais vu que vous avez paumé vos lunettes, que vous êtes fin bourrée et qu’en plus vous avez une dalle de boulimique qui ne serait pas calé le bide façon Haitienne (t’as vu, même ici on apprend des trucs super utile pour se la péter en société et faire culpabiliser tout le monde quelques instants, avant de se resservir une deuxième part de frangipane parce que c’est vraiment trop bon), vos cuisses sont d’ores et déjà en position pour un frénétique va et vient de quelques minutes, avec geyser de bonheur à la clé.

Arrivée chez vous, vous invitez le galant homme à s’assoir et à desserrer ses lèvres pour lâcher votre bouche, le temps que « vous vous prépariez ». Le mec demande où sont vos toilettes : s’il y a bien une chose de sûr, c’est que dans quelques instants ça va sentir le latex brulé.

Vous faites un rapide tour dans la salle de bains histoire de rincer un peu toute cette chair suintante  : il était temps car votre transpiration sent le fennec ayant trop couru en plein soleil, vêtu d’un k-way excessivement serré. Un peu d’hygiène ne fait pas de mal : il serait dommage de passer à côté d’un check up total, avec révision du carter incluse dans le tarif parce que ho, on n’est plus des adolescents qui ont tout le temps besoin de se regarder tout le temps dans les yeux. Oui, là je parlais de votre choune, je suis lourd, mais en même temps faut tout t’expliquer, poufiasse.

En revenant dans le salon, vêtue d’une nuisette sexy, vous apercevez Adonis sur le canapé, l’air détendu, mais un peu verdâtre. Son œil bleu s’illumine et il se précipite vers vous pour vous rouler une grosse gamelle, avec palpé-roulé en bonus. Et là c’est le putain de drame.

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On s’enjaille à coups de boyards, mes baskets sentent la chnek, trop d’putes à mes pieds. (Georges Brassens)

Une épouvantable odeur de vomi vous fait dessouler direct. Vous tentez de vous libérer de son emprise, mais visiblement la succion est tellement forte que votre langue semble balloter au milieu de la Mer Dégueuli : bordel de merde, 5 secondes de plus et l’Amiral Boyaux va renvoyer le mojito. Tout en vous extirpant délicatement de l’emprise, vous lui proposez de se rafraichir dans la salle de bain, pendant que vous allez chercher quelque chose à boire. Fort heureusement il accepte, et vous vous sortez de la situation, non sans vous demander si le mâle a saisi la subtilité de votre requête.

Adonis revient, vêtu d’un simple mais abominable slip kangourou. Après avoir pouffé de rire et l’avoir chambré avec tendresse, un nouvel échange de salive vous rassure quant à cet accident de parcours : le cassage de reins n’est plus très loin, et ça sent le menthol.

Après 20 minutes de grosse chauffe à travers les sous-vêtements, il est temps de passer à l’action : le monsieur semble particulièrement doué avec les préliminaires, c’est le moment de lui rendre la pareille.

Alors que vous tirez vers le bas le ridicule slip, une abominable odeur de marée vous remonte aux narines, qui ne sont pas si loin que ça du corps du délit. Putain de merde, mais nom de dieu, des langoustes ont crevé au soleil ou quoi? Effectivement, vu l’appendice qui semble, malgré son apparence, être en total état de fonctionner, sa taille et l’hygiène toute relative de l’engin vous répugne à y mettre les mains. Sans compter les espèces de cloques buboniques, on dirait un crumble aux huitres, c’est ravissant.

Vous n’imaginez pas une seconde parler dans un micro pareil, ce serait le meilleur moyen de lui gerber sur les noyaux et conclure cette brève rencontre sur une note fort négative pour votre réputation, ainsi que sur l’apparition d’herpès buccal de la pire espèce. Et même avec une capote, hors de question de laisser cette horreur coulisser entre vos cuisses et vous farfouiller vigoureusement les entrailles, à présent aussi sèches qu’un ministre de l’intérieur en déclaration d’intention.

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Franchissez le pas, et c’en est fini de vos duck faces de poufiasse.

On s’est tous trouvé, à un moment ou à un autre, dans une situation similaire. Face à la surprise, on est tenté de dire oui par bienséance sociale, et de le regretter plus tard. Et même prendre la décision, aussi tardivement, peut être très compliqué car chauffé à blanc, le mâle peut avoir des réactions fort peu agréable.

Voici donc quelques solutions pour vous tirer de ce mauvais pas.

Conseil numéro 1 : dire non, parce que vous en avez le droit.

Vous êtes une femme, on doit vous respecter en tant que tel et vous vous positionnez immédiatement en refusant d’aller plus loin, car vous l’avez décidé. Sauf que lorsque votre amant vous demande des explications, vous vous réfugiez derrière un féminisme de la pire espèce qui suscite, fort légitimement, une réaction d’agressivité de la part d’Adonis qui vous traite, je le cite, « de grosse pute qui ne sait pas ce qu’elle veut », et qui s’en va en claquant la porte, non sans avoir ravagé la moitié de votre appartement et vous avoir éjectée à l’autre bout de la pièce, la gueule dans la commode. T’as fait ton choix, mais lui il tape plus fort, et il est colère. Et puis bon, un mâle blessé dans son orgueil, c’est très con. Ah, et même si vous sortez le « je ne suis pas certaine d’être prête », ça se passera pareil.

Vous resterez donc sans problème vénérien, mais avec quelques séquelles psychologiques et l’impossibilité totale d’entreprendre une relation avec quel qu’homme que ce soit pendant de long mois… sans compter le coût de la thérapie. Pas génial.

Conseil numéro 2 : se résigner et passer à l’acte.

Non mais t’es conne ou quoi? Hors de question de te forcer à faire ça si t’en as pas envie! C’est vraiment la chose à ne pas faire. Le pire, c’est que si tu cèdes à ça, le mec va peut-être s’accrocher, vous allez bâtir une relation, vous investir et prendre sur toi par rapport à ce problème. Votre couple va très certainement prendre une trajectoire procréatrice, et franchement, tu veux laisser au monde un enfant qui pue de la bite? Allons, soit raisonnable, et passons à la solution suivante.

Conseil numéro 3 : la méthode Serge Lama.

Alors que les mains d’Adonis empoignent vos cheveux et que votre luette tremble déjà à l’abominable contact de son gland qu’elle va subir dans quelques secondes, vous vous basculez et montez à cheval sur votre partenaire. Là, vous vous penchez doucement vers son oreille et vous lui glissez en un souffle :

– J’ai quelque chose à t’avouer…

– T’es pas un mec hein, HAHAHA§ Je l’aurais remarqué! Ou t’as déjà quelqu’un… Moi perso je m’en fous complètement.

– Non, c’est pas ça, en fait je suis séropositive, mais ne t’inquiète pas, ça ne risque rien si on se protège.

– …

Lorsque vous prononcez ces mots, la vigoureuse turgescence de votre ami se transforme en un ridicule bigorneau qui aurait été trempé dans l’eau glacé. Nul doute que la situation s’inverse, et que le malaise n’est plus du même côté. Au pire vous pourrez mythonner pendant 2h avec le bonhomme qui s’intéresse plus à votre maladie qu’à vous, au mieux dans les 5 minutes qui viennent il sera dehors, et de son propre chef. Après, si le bonhomme ne vous croit pas, vous pouvez toujours aller vous badigeonner les babines avec des trucs qui traînent dans la cuisine, histoire de faire croire à une histoire d’infection dégueulasse. Et les corn flakes mélangés avec de la crème liquide, ça marche pas mal, du moins de loin.

Cette expérience sera une excellente leçon pour vous, et la prochaine fois vous éviterez de faire la petite salope qui n’assume pas de se prendre des gros chibres bien sales par le premier venu, et vous chercherez une relation un peu plus équilibrée. Allez, avouez-le, finalement cette expérience vous a appris beaucoup, et vous ne la regrettez pas tant que ça.


 

Ca y est, t’as bien rigolé ? T’as pris ta dose de rage, et de « hahaha » ? Parfait. Maintenant tu peux un peu travailler ton cerveau et pas tes zygomatiques, et aller voir un peu les témoignages autour du sujet de la séropositivité. Non parce que ça déconne, ça rit fort mais derrière on ne se pose pas les questions de la vraies souffrance autour du sujet. Un peu comme les cheminots qui s’en battent les kiwis que des bébés crèvent dans des rames de trains parce que messieurs bloquent les voies afin de gagner 5 minutes sur leur pause déjeuner. Je vous invite à aller lire ce témoignage d’une blogueuse séropositive qui raconte ses difficultés à trouver l’amour, ça vous mettra peut-être un peu de plomb dans le cigare.

Ah, ça rigole moins, n’est-ce pas? Et puis, ho, je vous ai bien baladés pendant 1700 mots à vous raconter de la merde pour finalement vous lâcher sans finesse un vieil étron sur le visage, donc ne faites pas la fine bouche et gobez-moi ça tout rond.

Chignolement votre,

Conseils : comment gérer des aléas gastriques en société

A 12h13, juste avant de partir vous taper la cloche chez « Chico » avec le service commercial, votre téléphone vibre et entonne les premières mesures de « Rire les oiseaux », de la Compagnie Créole. C’est Émilie, votre charmante compagne, qui cherche à vous joindre. Vous décrochez, et là votre belle, de sa voix sucrée, vous rappelle que ce soir vous avez été invités chez une collègue à elle, Samantha. Purée de couille con bite, vous aviez oublié, fort heureusement vous réussissez à masquer ce léger trouble de la mémoire en en faisant des caisses sur votre enthousiasme à l’idée de rencontrer cette fameuse collègue dont elle vous parle depuis des lustres. En raccrochant, vous vous dites que votre subconscient est quand même un ptit bâtard et qu’il vous a fait omettre cette soirée, tellement ça vous casse les couilles de rencontrer l’autre tâche, qui a l’air d’être une bigote fan de marche nordique (à 28 ans, ça fait un peu bizarre mais bon). Vous oubliez bien vite ce petit désagrément qui met au placard votre soirée « série américaine/petite pipe sur le canapé » et foncez chez « Chico ».

14h30, vous reprenez le boulot, et là quelques sudations vous font comprendre que la pizza Chili con carne avec sauce aux échalotes et le vin mexicain ont un peu de mal à passer. 16h47, vous décidez de débaucher et de rentrer fissa à la maison, en passant par chez le fleuriste pour récupérer un bouquet pour l’autre pute. Dans la voiture, votre ventre commence à gargouiller, et des aiguilles semblent, à intervalle régulier, vous perforer le colon. Afin de soulager vos intestins endoloris, vous lâchez quelques pets aussi bruyants qu’odoriférants dans votre BMW série 3. Les vitres soigneusement fermées, vous humez ces senteurs aussi infectes pour les autres que rassurantes pour vous, étant donné que ça fait des années que vous reniflez avec satisfaction vos propres pets. Cette pratique vous arrache toujours un petit rire, notamment quand le dernier sketch d’Anne Roumanoff passe sur Rire&Chansons et que vous synchronisez vos louises avec les applaudissements du public. Vous êtes décidément impayable.

Malgré les fragrances du généreux bouquet de fleur, votre intérieur cuir semble imbibé de ce fumet méphitique, et les vigoureuses pétarades qui sortent de votre séant ne sont pas là pour arranger l’affaire. Attention mon cher, un excès de confiance et ce serait le dérapage, avec sans doute des traces de gomme à la clé. Arrivé à la maison, vous descendez prestement de la voiture et foncez en direction des toilettes, à peine vos clés posées. Pas de chance : Émilie est en train de couler un bronze (la musique sortant de son portable est là pour en témoigner), et vu qu’elle vous bondit directement dessus en sortant des chiottes, vous allez avoir du mal à démouler votre cake. Serrant les fesses, vous prétextez une quelconque fatigue et un mal de tête lambda afin d’éviter de rester enlacés trop longtemps, sachant que vous lisez dans ses yeux qu’une partie de baise bien sauvage semble être au programme : comme quoi cette excuse typiquement féminine fonctionne, Émilie desserre son étreinte et va se laver les mains. Ouf! Au moins vous éviterez l’humiliation de lui lâcher une caisse au visage pendant qu’elle vous parle dans le micro, comme l’excellent Jean-Marie Bigard l’a si bien narré dans un sketch épique.

« Au fait, Samantha m’a annoncé qu’on pouvait arriver plus tôt histoire de prendre l’apéro pas trop tard. Tu as le bouquet de fleurs dans ta voiture? «  C’est à cette phrase qu’on sait qui porte la culotte du couple, d’autant que vous êtes les couilles à l’air dans la chambre, en train d’enfiler un pantalon de soirée, juste avant d’aller vous soulager. Cette phrase vous glace immédiatement, et vous balbutiez quelques mots sur le bordel dans votre voiture qui serait consommateur en temps pour pouvoir la ranger et la prendre. « Ne t’inquiète pas, je vais cherchez le bouquet et on se retrouve dans ta voiture. » Vous vous rendez-compte  que votre copine a déjà pris les clés et qu’elle se dirige à présent vers votre intérieur cuir, sévèrement souillé par vos vesses méphitiques. Vous tapez un sprint jusqu’à la voiture, lui volez les clés et, feignant de vouloir jouer, vous récupérez le bouquet et rentrez directement dans la maison, en mode course-poursuite Benny Hill, mais avec des petits chapelets de prouts en plus. Après vous être enfermé dans les toilettes avec le bouquet, vous profitez de cet instant pour vider tout l’air contenu dans vos entrailles. Un flot boueux vient s’intercaler de temps en temps dans cette vidange, mais sans vous libérer totalement de ce repas de midi, décidément aussi tenace et désordonné qu’une armée Mexicaine. Il va falloir jouer finaud, parce que là c’est mal parti.

Vous rejoignez votre compagne, amusée par votre attitude badine. Elle vous colle un grosse main au paquet bien brutale, vous vous dégagez du geste en prétextant que faire attendre son hôte, ça n’est pas correct. Alors qu’Émilie conduit, vous réprimez les gargouillis de votre ventre, en tentant de sauver la face à base de « heureusement qu’on y va tôt car j’ai faim ».  Vous parlez fort, vous vous tortillez, vous battez la mesure en mettant la radio à fond et, chantant à plein poumon, vous essayez de conserver ce maudit sphincter bien serré.

Il était temps de sortir de la voiture, la bouffée d’air frais et le fait d’évoluer dans des volumes d’airs plus important vous permettez de vous soulager en refaisant votre lacet, tout en restant un peu en arrière. Samantha et Jean-Daniel vous reçoivent avec un grand sourire, et vous empoignez la main molle de ce pédé de notable dont Samantha semble se vanter depuis le début. Vous passez dans le salon non sans avoir fait la bise à Samantha et offert les fleurs, comme ça vous faites une première bonne impression.

Une fois sur le canapé, les deux filles se mettent à jacasser sur le boulot, et vous êtes à présent complètement oublié jusqu’au moment où on vous demandera ce que vous faites dans la vie comme travail, seul critère valable chez les connards d’aujourd’hui pour arriver à briser les barrières sociales alors que putain, il y a autre chose à aborder comme sujet que le fait de se branler les couilles dans des bureaux tous les jours. JD est aussi insipide que pédant, et vous sort des phrases qui vous donnent encore plus envie de chier. Le problème, c’est que cette affaire devient une idée fixe, la taupe tape au guichet, et de manière tellement sauvage que vous ne pouvez réprimer les spasmes de douleur qui vous font tortiller sur ce fauteuil Laroche-Bobois. Votre attitude va attirer l’attention de tous, et demander où sont les toilettes à peine arrivé serait déplacé, selon l’étiquette de ces connards de bobos de droite du centre ville.

Vous décidez donc, d’un grand sourire, de vous déplacer dans le salon et d’admirer la décoration, alors qu’en fait vous vous en branlez complètement. Las, Jean-Daniel est collé à vos basques, et la taille du salon vous interdit complètement de laisser s’échapper le moindre filet d’air d’entre vos fesses.

Samantha, en bonne maîtresse de maison, vous plonge à nouveau en enfer en vous proposant de passer à table. A peine attablé, vous vous rendez compte que si vous attendez le dessert, vous allez vous chier dessus, et devant tout le monde. Ça serait dommage, non? Surtout devant des culs coincés comme ça.


 

C’est exactement ce genre de problème qu’on a tous vécu : avoir une folle envie d’aller à la selle, et ne pas trouver d’issue de part le contexte social qui ne s’y prête pas. Voici donc quelques conseils pour y remédier.

Conseil numéro 1 : Anticiper

Votre alimentation est primordiale, et vous avez grave déconné en partant au restau comme ça, à bouffer n’imp alors que le timing était serré pour le soir. Il aurait fallu démouler avant de partir chez Samantha, quitte à retourner au boulot. Bin oui ducon, c’était aussi simple que ça.

D’autre part, plus longue est l’attente, pire va être la déflagration au bout du chemin. Vous vous souvenez d’AZF ? Gardez cette image en tête, surtout celle des victimes, et imaginez la gueule de votre copine et du couple quand le problème va éclater au grand jour. Ils sont peut-être prout-prout, malheureusement un peu trop pour tolérer les vôtres.

Conseil numéro 2 : Éviter les toilettes chez les gens

Imaginons la suite de l’histoire : vous vous rendez aux toilettes et malheureusement, trois problèmes se présentent.

  • Le premier, c’est que les chiottes soient proches du salon, vous exposant ainsi à dévoiler votre situation. Ça serait dommage de faire un remake du  » Bruit et l’Odeur », vous ne trouvez pas?
  • Le deuxième, c’est de vider la réserve de PQ sans s’en rendre compte, et se retrouver à se ronger les ongles (et oui, le standing de Jean-Daniel impose une tenue impeccable de l’appartement ; voir des montagnes de rouleaux roses dans les cabinets n’est pas compatible avec cette vision élitiste de son intérieur). Solution de sortie : utiliser vos chaussettes pour se torcher le cul.
  • Le troisième, c’est de boucher les gogues. Et là mon pote, quand Jean-Daniel et Samantha vont venir gratter à la porte parce que ça fait 5 fois que tu tires la chasse et que ta boue merdeuse est à présent en train de migrer au milieu du salon, je doute que t’auras l’assurance nécessaire pour sortir la tête de cette situation.

Dans le pire des cas, votre copine vous tiendra fortement rigueur d’avoir saboté cette relation professionnelle pour ne pas avoir géré ses sphincters comme devrait savoir le faire un homme depuis ses 7 ans. Sans compter que Samantha se fera un plaisir de narrer via radio-moquette cette petite histoire, et nul doute que votre copine deviendra un paria au sein de la boîte, avec l’étiquette de la meuf qui se fait sauter par un commercial raté pourrissant les chiottes des gens.

Conseil numéro 3 : avoir des couilles

Ce conseil est le conseil ultime, mais il ne doit s’appliquer qu’à des personnes qui ont une personnalité, et pas des fils de pute qui cherchent à se façonner l’esprit en faisant des copier-coller de citations célèbres sur internet pour se donner un air savant. Si ce n’est pas le cas, autant vous chier directement dessus en vous confondant en excuses, il y aura moins de retombées que ce que je m’apprête à vous dévoiler.

Cette technique, vieille comme le monde s’appelle le « droit-dans-ses-bottes », à ne pas confondre avec la « grande-gueule », qui peut très facilement passer pour un sacré connard. Le « droit-dans-ses-bottes », au final, s’en sortira grandi et sans avoir à agresser l’autre, ce qui n’est pas le cas de la « grande-gueule » qui s’en sort le cul propre parce qu’il s’en bat les couilles des autres, mais en fait tout le monde le considère comme un parfait connard. Attention, le moindre faux pas, et c’est le drame.

Vous êtes donc à table en compagnie de Samantha, Jean-Daniel et Émilie. Une bulle d’air arrive violemment et vous ne pouvez la contenir. Il est temps d’agir : « Samantha, y’avait-il du safran dans tes petits fours? J’avoue que je me sens très mal… ». Feignez une grande fatigue en tentant de vous lever puis en se rasseyant brutalement, tout en poussant un gémissement. Allons mon cher, il est temps de vous rappeler de vos cours de théâtre au collègue, crispez-moi un peu ce visage et porter votre main à l’estomac, tout en gémissant un peu. Puis tentez de vous relever, et laissez-vous tomber sur le sol tout en étant crispé. Attendez que Samantha, affolée confirme les ingrédients de ses petites merdes surgelées (la salope, elle ne les a même pas préparée elle-même, c’est toujours ça de pris comme information), puis demandez les toilettes, avec un peu de détresse dans votre voix, en faisant mine de ne pas prêter attention à sa réponse.

Voilà, à partir de cet instant, vous avez repris le contrôle sur le groupe : l’empathie de chacun face à votre douleur (magistralement feinte, Michel Galabru serait fier de vous) prend le pas sur le respect des codes et autres coutumes sophistiquées de bourgeois à la con ; le cerveau reptilien se met en marche, et la meute se regroupe autour d’un individu blessé qui ne peut s’en sortir qu’avec son aide. Pire : de par vos questions, ils se retrouvent responsables de votre état et se doivent d’agir afin de vous sauver, pour ne pas se retrouver dans une situation morale encore pire.

Vous pouvez donc tranquillement vous caler sur la lunette, et envoyer un concert pétaradant comme vous n’avez jamais osé : quand même, poussez quelques gémissements de temps en temps, en mentionnant le safran… et remettez la sauce!!! N’hésitez pas à déborder un peu et saccager les chiottes en crépissant le bord de la lunette, histoire de marquer votre territoire et de leur faire subir ce calvaire qu’ils vous ont imposé en vous obligeant à vous retenir. Ça leur fera la bite à ces enculés, et puis merde, vous vouliez pas vraiment venir.

Au sortir des cagouinces, ne soyez pas trop agressif mais explicitez votre pensée quand à la qualité alimentaire qui vous a été servie, et prétextez un épuisement complet pour couper court à la soirée.

Nul doute qu’Émilie profitera de cette avantage pour prendre ses distances avec Samantha, et n’hésitera pas à vanter ses soit-disant mérites culinaires. Il y a fort à parier que votre compagne sera nettement plus tendre avec vous, et peut-être que vous pourrez tenter de passer par le « chemin alternatif », suite à cet épreuve, si vous voyez ce que je veux le dire. Avec un peu de chance, d’ici quelques mois, son poste sera vacant et votre sœur pourra même postuler.

Grâce à « Chico », vous êtes un héros.

PS : un grand Merci à Monsieur Manatane aka Benoît Poelvoorde pour l’inspiration… et un peu des solutions. Et ouais les mecs, j’invente pas tout, je suis un sale copieur, une fouine, une merde, une raclure de bidet qui ne sait que paraphraser les vrais grands esprits. Mais je vous encule parce que je fais ce que je veux, et puis moi contrairement à Arthur ou Gad Elmaleh (les cheminots de la drôlerie), je ne fais pas croire à tout le monde que je suis génial alors que j’ai pompé des idées ailleurs. Nananère.

Chignolement votre,

 

Conseils : Comment draguer une femme?

 

Églantine, c’est vraiment une chic fille. Drôle, avec beaucoup d’auto-dérision, ça fait un moment que je la mets sur un piédestal. Son parfum doux et sucré m’enivre à chaque fois qu’elle me fait la bise, faisant tambouriner mon cœur à travers la cage thoracique. Tout mon corps s’anime quand elle est présente, et le simple fait de voir son sourire mutin ou d’entendre sa voix me provoque des étincelles dans tout le ventre : mon visage s’empourpre, mes mains deviennent moites et ma parole est moins assurée ; un léger tremblement dans la voix laisse à peine trahir un émoi profond. Et quel plaisir de passer des moments à ses côtés! Elle est drôle, fait preuve de beaucoup d’auto-dérision et n’hésite pas à être tactile, chose qui me désarçonne au plus haut point. Qu’est-ce qu’une fille comme elle peut apprécier chez moi? Toujours est-il que les moments que nous partageons sont des rares moments de complicité, et j’avoue souhaiter plus qu’une simple amitié.

C’est pour cette raison que j’ai décidé de l’inviter au théâtre, connaissant ses goûts pour les arts du spectacle et sa connaissance dans la métier. Je me présente à son domicile : elle est radieuse et sourit de toutes ses dents, laissant entrapercevoir le seul défaut qui lui donne tant de charme, à savoir une canine légèrement décalée. Je la salue, et l’invite à monter dans un taxi pour nous rendre à notre destination. Galant homme, je lui tiens la porte et me dit que la soirée ne peut se conclure par un dévoilement de mes sentiments. Aussi, ai-je mis le paquet : la limousine que j’ai loué m’a coûté ma prime annuelle, et les places ont été très difficiles à obtenir. Pensez-donc : la première de Laurent Gerra dans une pièce, il était impossible de manquer cela, pour tout amateur de théâtre qui se respecte!

A peine arrivés, Églantine est comme un poisson dans l’eau : elle connait tout le monde, et salue avec beaucoup de grâce toutes ses connaissances. Il faut dire qu’elle est souvent montée sur les planches, et connait un peu tout le monde ici, de l’ouvreur au responsable de la mise en scène. Je reste, humble, à ses côtés, la laissant dans la lumière. Il est à présent temps de s’asseoir à nos places, pile là où il faut : ça m’a coûté la prime de l’année prochaine, mais ça vaut le coup. Elle me remercie chaleureusement en me pressant le bras, geste auquel je réponds en plongeant mes yeux dans mes chaussures et en cachant ma rougeur d’une main peu assurée, tout en bégayant à voix basse : « mais… de rien… c’est normal ».

La pièce démarre, et Laurent est en grande forme aujourd’hui : il prend des libertés avec le texte et nous fait rire aux éclats. Églantine rit sous cape, d’un air mutin et distingué à la fois. Elle est incroyable. J’ai du mal à ne pas l’observer pendant toute la pièce et j’essaye de me concentrer sur celle-ci, histoire que nous puissions deviser à la fin de la soirée. Et là, devant un dernier verre, je lui avouerai mes sentiments…

Le costume de velours orange de mon père me tient chaud et j’ai tendance à transpirer, aussi je cesse de m’agiter de la sorte et porte mon attention sur la scène. Heureusement c’est l’entracte, et nous pouvons aller boire un rafraîchissement. J’abandonne ma chère près du buffet, pour quelques instants seulement histoire de m’éponger le front aux toilettes. Je me regarde dans la glace : mon vieux Charles-Henry, ce soir, tu ne finiras pas seul! Il est temps de se prendre en main, c’est l’occasion rêvée en compagnie d’une si belle femme. Déjà 2 ans que tu la connais, il est temps de passer à l’action!

Je sors des toilettes et, tandis que la plupart des personnes ont déjà regagné leurs sièges (l’acte 2 va commencer sous peu), je ne vois aucune trace d’Églantine. Je la cherche, demande si on ne l’a pas vu et quelqu’un me répond qu’elle était en grande discussion avec une amie. Je remercie chaleureusement le jeune homme au sourire amusé qui pointe du doigt une porte, derrière laquelle se trouve ma promise. Je toque, et j’entre.

« Glorgglorgglorg ». Je me fige, complètement interdit. « Dis donc Machin, je termine ça et je te rejoins, d’accord? Tu me raconteras le début. », dit-elle d’un sourire englué par l’imposante verge qu’elle vient d’extraire de sa bouche. J’acquiesce en regardant mes chaussures, sors de la pièce et ferme doucement la porte. Ne pas pleurer ne pas pleurer. Je m’avance d’un pas lent vers ma place, croisant le regard du jeune homme amusé, qui semble s’être joué de moi. Plongeant d’une main dans ma poche, je n’ai qu’une pensée : « Vite, des Fisherman’s friend, il va lui falloir des Fisherman’s friend. »


C’est exactement le genre de problème qu’on a tous rencontré : être face à ce genre de situation après avoir été éconduit, et sans comprendre pourquoi. On se projette dans une relation avec une autre personne, on tente de la construire et tout tombe à l’eau.

Derrière ce texte plutôt tragique, vous pouvez d’ores et déjà identifier des choses à faire et à ne pas faire. Si ce n’est pas le cas, c’est sans doute que vous êtes un putain de nul avec les femmes, une serpillère, un résidu de capote trouée, bref, une pauvre merde comme ce fils de pute de Charles-Henry, bon à servir de paillasson toute sa vie et à se branler en silence parce que tu comprends, sa colocataire est en train de se faire baiser sauvagement et elle déteste les grincements d’un autre lit pouvant couvrir ses hurlements porcins.

Je vais donc à présent vous exposer quelques stratégies à suivre pour être dans le succès, et pas un perdant comme Charles-Henry qui a plutôt tendance à tenter de baiser en secret sa tante plutôt que de se taper des vraies femmes. Putain que cette intro est longue, mais en même temps si t’avais pas l’habitude de rassasier ta soif de lecture avec des tweets, tu pourrais lire des textes de plus de 140 caractères, sale illettré de merde.

Déjà, primo, vous me foutez à la poubelle toutes ces idées de site de merde pour vous aider à séduire. FrenchTouchSeduction et consors, c’est de la merde pur beurre. Ça vous donne des recettes toutes faites, mais au final, c’est pas parce que t’as un stylo Mont Blanc et un plan avec une orthographe correcte que t’es capable d’écrire comme Zola, espèce de pine d’huître. Surtout si ton plan est, par exemple, issu du cerveau d’un homme politique t’expliquant que pour résoudre la crise économique, faut virer les zarabounoirgnoules ou continuer sur un système à croissance infinie qui s’appuie sur des ressources limitées et une pollution (+ déchets) qui montera en conséquence. Faut vraiment être un gros con qui veut pas baiser sans payer pour croire ça ; on n’a peut-être pas inventé le mouvement perpétuel, mais on a trouvé des gens intarissables pour raconter les mêmes conneries à tout bout de champ.

Idem, les sites de rencontre, mais faut vraiment être con. Regardez ce débile de Charles-Henry : déjà, il est pas foutu de gérer une minette en live, donc devoir passer par des sites de merde designé par des autistes qui ont jamais baisé autre chose qu’une phalange ou qui gère leur affaire façon plan marketing, c’est mission impossible. Va faire rentrer tes critères et ta description dans leurs cases, c’est le meilleur moyen pour te planter comme une buse, avoir un rating qui fait de la chute libre sur le site et passer pour le mec qui est tellement tocard ou qui pue le poisson que t’auras plus un seul rencard. GG pédé, tu finis à nouveau par te fapper.

=> Conclusion numéro 1 : quitte à aller sur des sites pour finir par se branler, autant aller direct sur gougueuleporn et consors. Ça évite la perte de temps.

Bon, deuxième truc, l’apparence. Tous les connards qui font de la gonflette parce que tu comprends, les muscles, ça plait aux filles, arrêtez. Arrêtez mais putain. Déjà si t’as une tête de con, tes muscles ne serviront pas à grand chose, et si t’es pas capable de parler, c’est pareil. Même si tu seras plus sûr de toi, tu resteras le mongolien qui n’a pas une conversation intéressante hormis les stéroïdes : à la rigueur tu vas arriver à chopper un autre barbu à la salle de muscu et c’est ton petit cul qui va faire des étincelles cette fois-ci. Mais bon, c’est toi qui choisit hein, y’a pas de mal à se faire enculer, moi je respecte.  Donc sans savoir de quoi parler, bin t’es bon qu’à soulever de la fonte.

La guitare, ça fait baiser parait-il. Ouais, sauf si t’as une gueule de cul, encore une fois. Et puis si ça se trouve, pendant que tu vas jouer, les autres mecs vont en profiter pour avoir les mains prises et finalement le seul manche que tu pourras astiquer, c’est ta gratte de merde achetée à Didier Super (et en plus tu t’es encore fait enculer sur ce coup).

La copine dans un groupe de potes « qu’on va vous présenter » : si vous tenez à être le con du mercredi, c’est une bonne idée. Non parce que là, faut pas se leurrer, les gens qui se font chier dans leur couple cherche un stratagème pour pimenter leur vie de merde, et comme ils sont en train de foirer l’éducation de leur gamin, ils se rabattent dans le social avec les amis de ton genre. Tu vas être dans l’œil de Moscou, et puis si ça se trouve l’autre meuf est une putain d’handicapée sociale à 90% de chance étant donné qu’on veut la caser avec toi, donc laisse béton et marche à l’ombre.

J’imagine que certains vont déjà gueuler, ça fait 1970 mots (merci wordpress) que je tape et toujours pas de formule miracle. Je vous emmerde, sales puceaux. Si la nature vous avait mieux sélectionnés et que votre éducation était moins médiocre, vous ne seriez pas là à vous plaindre, bande de parasites. Mais bon, je suis magnanime et je vous donne un tuyau.

Reprenez ce titre racoleur : « Draguer ». Putain mais déjà, penser comme ça, c’est de la merde, bien révélateur des têtes de cons qui garnissent notre société actuelle. Je veux draguer, je veux séduire : pauvre tâche. Tu veux quoi en fait? Gargariser ton égo et plaire? C’est ça? Ou ça va plus loin? Tu veux arriver à conclure avec Eglantine, mais pourquoi elle? POURQUOI.

Oui mon bon monsieur, le pourquoi. Pourquoi aller vers cette superbe inconnue, dans un bar? Pourquoi? Pose-toi la question. Pose-toi la question pourquoi une personne complètement étrangère, que tu ne recroiseras jamais si dans les 10 minutes tu n’amorces pas, t’attire. Et ce qui se passerai si ça se faisait, et si ça ne se faisait pas. Et réfléchis à ses réactions, à pourquoi telle chose te touche, telle chose ne te touche pas.

Réfléchis putain et arrête de faire de la merde dans ta tête, à croire à des formules toutes faites conseillées par des mecs qui volent une langue en bouche et liment tous les 3 soirs, tout ça parce qu’ils sont pas foutu de faire deux phrases intéressantes d’affilée. En fait la plupart des connards veulent du comment, comment faire, comment séduire : un peu comme acheter une belle voiture mais sans vraiment savoir pourquoi. Un peu comme un cheminot qui s’arrête de bosser comme les copains, sans savoir pourquoi, sans savoir les conséquences pour lui et pour les autres.

Ensuite, forcément, y’a les hormones, le désir, la bonne vieille trique qui vous nique votre prisme visuel. Vous projetez une image sur la femme, sans percevoir quoi que ce soit, et vous ne lisez que ce que vous voulez y voir : un peu comme un nazi, en somme. Et les nazis, ça a jamais vraiment été un bon exemple. Surtout vers la fin.

Baiser votre égo les mecs, et ne le laissez pas vous dominer. Mettez des mots sur ce que vous ressentez, ils seront plus forts que vos pulsions archaïques et de puissants alliés. Prenez vos couilles en main, pas à la Charles-Henry, mais bien comme des Hommes.

Chignolement votre,

 

 

 

Conseils : Comment dire à un collègue qu’il pue la mort?

Yannick, c’est un mec sympa. Ça fait 3 ans qu’on bosse ensemble, et on se connait depuis longtemps, alors forcément, ça crée des liens. Par exemple de temps en temps, je fais un jeu de mot à la machine à café, et il rigole, et moi aussi je ris, et ça fait une bonne ambiance et on est contents. Et puis mon chef aussi il est content, pas du fait qu’on s’entende parce que ça il s’en bat les couilles mais parce que tant qu’on est productifs et qu’on se fatigue pas, on pourrait se détester tout autant.

Bon, il y’a quand même un problème, c’est que Yannick, le matin, quand il arrive, c’est chaud. C’est très chaud même. Cet enculé, fort d’avoir les dents soudées par le tartre, exhale une haleine fétide, mélangeant avec subtilité les arômes d’une bouche sèche et pâteuse, le tabac froid et le rhume bien glaireux. N’oublions pas la forte odeur de marc de café qui entraine généralement chez moi une violente réaction physique : je suis aux portes de la gerbe, sur la grande allée de la nausée.

Au début, c’était gérable. J’ai vite compris qu’il fallait que je gère la situation en faisant référence à ma bulle d’intimité, qui me permettait de maintenir la distance. Et puis aussi, généralement, j’évite de lui parler en face, ça évite de prendre dans la gueule un ballet fétide ; c’est aussi ça l’avantage de bosser de part et d’autre d’un bureau, avec les écrans qui nous séparent. Et dire qu’il a fait deux putains de gosses, sa femme doit avoir subit une amputation du groin.

Fort hélas, sa chère et tendre a dû partir en voyage ou sentir que le vent tournait (#lol), du coup je le trouve encore plus négligé qu’avant : Son cheveu poisseux est systématiquement en bataille, il arbore tous les jours de la semaine la même chemise au col marqué par la crasse, et une désagréable odeur de friture, de transpiration sèche et d’urine s’exhale de ses vêtements. ; Comme quoi bobonne devait mettre un peu le holà à son hygiène douteuse. Ah, et depuis que j’ai changé de sexe, je lui fais la bise, c’est mon côté féminin (même si je pique encore un peu) : autant vous dire que la situation est terriblement compliquée.


C’est exactement le genre de problème qu’on a tous rencontré : la vie et le temps font leur œuvre, et chacun évolue, amenant les relations acquises la veille à s’effondrer le lendemain. Du coup je profite de cet article pour partager ma grande expérience en termes de sociologie et d’aptitude à communiquer avec autrui.

Tout d’abord, vous seriez tenté de prendre sur vous, et de vous dire « ça va, c’est qu’une odeur ». Sauf que cela va venir immédiatement introduire un biais dans votre spontanéité, générer une perte d’énergie dans du self-control, pour finalement passer au stade du rejet et péter votre relation avec Yannick. Et comme ça va venir de vous, votre chef va vous chercher des poux dans les couilles, vous expliquer la vie, vous allez passer pour un(e) con(ne) en disant que ça fait des mois que ça dure, du coup votre boss va vous tarter en disant que vous manquez de couilles et que vous auriez du en parler. Bref, si les odeurs posent des problèmes, c’est de votre faute. Vous allez pleurer, partir en burnout, passer pour une tarlouze auprès de toute la boîte, et tout le monde va considérer ça comme normal  étant donné vous êtes celui qui a changé de sexe, encore un détraqué en somme. Ça va finir en licenciement aux prud’hommes, le débat va être porté sur la discrimination, on va avoir Twitter inondé de conneries et de messages de soutiens/haine divers. Pour finir, vous finirez par vous suicider, tandis que votre boîte coulera pour avoir été une organisation de fils de pute homophobes.

Toutes mes félicitations, et tout ça parce que vous n’avez pas pu dire à Yannick qu’il pue la merde, cet enculé.

Alors pour éviter ce désastre, je vais présenter quelques stratégies ici.

La première, c’est de ne pas aborder brutalement Yannick sur un pétage de plomb, à base de « non mais OUI CA VA OUI PAS LA PEINE DE ME PARLER DE SI PRES TU PUES DE LA GUEULE ENCULE§§§ ». Là y’a deux solutions pour sauver la face : dans l’ordre poser votre démission et lui éclater la gueule pour éliminer tout malaise social entre vous, ou alors vous répandre en excuses et repartir au scénario catastrophe numéro 1. Dans tous les cas vous perdez votre emploi, c’est pas lol.

La deuxième, c’est d’organiser une fronde en faisant remarquer aux collègues (voire en les convainquant) que ça les indispose eux aussi. Ils vont partir dans la spirale dont j’ai parlé plus haut, sauf que c’est un GROUPE qui va s’exprimer (sobriquets dans son dos, rires, vannes, montages photos, insultes…) : Yannick sera rejeté sans comprendre pourquoi, et il terminera à la porte vu qu’il ne peut plus bosser en équipe (et puis le boss, c’est un collabo, il préférera se ranger à l’avis du groupe et pas d’un connard qui refoule du goulot). « Deal with it son of a bitch », et va dormir sous les ponts, t’as déjà l’hygiène qui va bien pour ça, sale crasseux minable.

La troisième technique, c’est le harcèlement moral. Ne jamais lui dire explicitement qu’il pue, mais faire de subtiles allusions, toujours en présence d’autres personnes de manière à susciter leur hilarité (et comme ça, il rit avec tout le monde, sans vraiment comprendre, un peu comme toutes les tanches qui tentent maladroitement de s’intégrer sans vraiment y arriver), ou glisser quelques objets sur son bureau (du genre Fisherman’s Friend) et autres petits cadeaux hygiéniques. Au bout d’un moment, soit il va comprendre, soit il va se braquer en se voyant tel qu’il est : un parasite répugnant qui n’a qu’une solution, à savoir le suicide. Trop cool! vous pourrez ensuite vous répandre sur votre tristesse et en branler moins au taff, c’est toujours ça de pris.

La quatrième technique, enfin est plus subtile et va dans le sens de la société. Le but est de faire comprendre à notre ami qu’un poste dans la fonction publique serait des plus gratifiants pour lui, dans la mesure où on valoriserait ses compétences tout en lui offrant la sécurité de l’emploi et l’assurance de travailler au service des autres. L’humanisme, en somme. Après un lobbying de quelques semaines, invitez-le à passer le concours, et avec un peu de chance, votre boule puante terminera à se tirer sur la nouille, au milieu des autres cheminots qui n’hésiteront pas à lui péter la gueule parce qu’ils pue comme s’il avait bossé toute la journée. Bin ouais, imaginez si le patron l’apprenait, il pourrait exiger la même chose d’eux !!!! Et il est à parier qu’un joli fait divers paraîtra dans le canard du coin sur un homme découpé par un train. Gros moment de lol quand vous raconterez ça à vos potes en soirée transgenre.

Enfin, si vous ne vous sentez (lol) pas de gérer la situation, allez en parler à votre boss. C’est vrai, c’est à lui de gérer la merde, parce qu’à part reprocher aux autres ce qu’il devrait faire, il en branle pas une ce pédébile, à part lécher le cul du grand patron et vous demander de travailler sur des trucs inutiles et déjà caduques. Vous le mettrez face à ses responsabilités, et s’il ne se bouge pas le cul, vous pourrez toujours le balancer à la RH quand la situation lui pètera à la gueule et que vous aurez détartré les dents de Yannick à coups de poing; nul doute que les quelques mots glissés sur le harcèlement sexuel depuis votre opération pencheront en votre faveur. Et en plus, il passera pour un infidèle (et déviant) auprès de sa femme, qui le quittera sans doute.

N’oubliez pas : le combo minorité/souffrance n’est pas un point faible, mais un atout. Et puis ça fait chier les cons.

Chignolement votre,