Délivrance

Des mois qu’elle me déteste. Soit-disant que c’est ma faute, que j’ai balancé la purée égoïstement et que comme d’habitude, je ne pense qu’à moi. Je ne la comprends pas, et elle gueule dès que j’essaye d’avoir un peu de temps pour me retrouver ou partager de l’intimité.

Que je rentre à 4h du mat, après une soirée dans les bars avec les collègues, ou que je tente une saillie surprise alors qu’elle somnole, rien ne va! Ce qui devait être le fruit de notre amour tourne au cauchemar, et j’ai l’impression que c’est ma faute alors que j’en voulais pas. Putain de bonnes femmes.

Comment, c’est trop subtil comme introduction? Bon, rappel des faits. J’ai engrossé bobonne par mégarde, et du coup c’est parti pour devoir gérer un lardon pour quelques années. La merde, je m’étais fait à l’idée à la longue, mais là ça devient compliqué.

Bouli a pris 30 kg depuis le début de sa grossesse, et il s’avère que l’échographie a été décevante : je voulais une petite fille pour lui donner le bain jusqu’à ses 18 ans et profiter d’une représentation de ma femme telle que je ne l’ai jamais connue, vu que mes premiers coups de lime dans son intimité se sont produits alors que madame avait déjà été utilisée depuis bien longtemps. Ce sera donc un mini chignole et pas une mini chignolette, dommage.

Ma femme est dégueulasse : entre la rétention d’eau, le diabète de grossesse et les montées d’hormone qui délitent totalement son caractère d’ordinaire avenant, je me retrouve à me saouler la gueule pour venir me coucher sur elle, non sans me prendre une volée de bois vert parce que je fais pas les choses bien.

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Pour la déconne, je l’ai appelée « Tigresse ». Ce trait d’esprit m’a valu une gifle et 3 jours de reproches.

Pour couper court aux engueulades perpétuelles et aux regards haineux qu’elle me lance quotidiennement « parce que je suis responsable de son état », elle s’est réfugiée chez sa deuxième meilleure amie Noémie, la grosse gentille à l’oreille attentive qui vit toute sa vie par procuration parce qu’elle est trop grasse pour entamer les choses par elle-même. Au moins je suis pépouze et je peux rattraper mon retard sur les séries que j’avais zappées depuis des années, une bière à la main. Profitons de ces derniers instants de célibataire, ça va piquer dans quelques temps, vu que je ne pourrai rien faire sans entendre le mot « enfant » dans une phrase.

Toutes les connasses autour de moi n’arrêtent pas de me donner des conseils et me proposer de lire des livres et autres blogs de connards qui racontent leur vie de papa fragile. Soit-disant que c’est mieux pour s’occuper de l’enfant, mais bon au début ça va être cool, je vais rien faire et prétendre avoir la nausée quand faut lui torcher le cul. Légitime, vu que c’est elle qui le nourrit, je vois pas pourquoi je devrais ramasser les crottes dans sa caisse.


Finalement, bobonne est revenue à la maison. On ne se parle plus de toutes façons, donc ça ne change rien ; c’est salade de culs tournés quand on dort ensemble, ce qui n’est pas si fréquent que ça, étant donné qu’elle préfère se vautrer toute la nuit devant la télé à bouffer des chips comme une grosse truie.

Elle a mal au bide, mais à mon avis c’est plus les gâteaux apéros que les contractions. Cela étant c’est bizarre, ce matin elle vient me voir en sanglotant, m’appelant « mon chéri ». Elle sent que le petit arrive, nom de dieu c’est le grand jour et on oublie tout!!! Nous rassemblons les affaires et fonçons à la maternité. Sur le trajet, cette pouffiasse serre pas assez les cuisses et me trempe le siège de la Mercedes, revêtu de laine de poney afghan. Putain mais quelle conne! Elle va me faire chier jusqu’au bout avec sa grossesse!

On arrive là-bas et je n’existe plus : limite je serai en métal et en roulette on m’adresserait mieux la parole, madame est reine et je ne suis bon qu’à porter les bagages. Et à fermer ma gueule. Col à 6 cm, ça devrait aller vite.. ça serait allé encore plus vite si j’avais pu y glisser  vigoureusement mon anaconda, mais bon on ne peut pas faire un accouchement parfait à tous les coups.

Après avoir supporté pendant 2h ses hurlements, la délivrance arrive enfin : les infirmières lui font la péridurale. Quelle bande de feignasses putain, et dire que c’est payé avec nos impôts! Et le pire c’est que les gonzesses (pardon, les sages-femmes) passent leur temps à discuter de tout et de rien avec ma femme. Genre vous avez pas des gens à sauver, non, votre boulot c’est de taper la causette et donner des ordres de merde (« poussez, relâchez, respirez »). Même les profs d’EPS sont plus actifs, c’est pour dire. Bon bref, au moins maintenant elle ferme sa gueule, et elle s’endort, pendant que tout se fait tout seul.

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Pire que la DDE ces connasses : une qui bosse, les autres qui regardent.

Madame se réveille 20 minutes avant la sortie de la bête : avec tous les produits qu’elle a pris, elle est plus chargée que Maurice Green, par conséquent les poussées qu’elle produit sont terrifiantes. Si elle pouvait contracter son périnée avec autant de force, je serai plus heureux des hommes mais bon, hein, on n’a pas tous de la chance. Ça pousse, elle hurle, j’ai bien fait de mettre des boules quiès.

Je me suis placé de façon à ne pas empiéter dans le champ de la caméra, et fait un peu bouger l’aide-soignant qui va m’empêcher de poster la vidéo qui sera en top page de malaise TV pendant 3 semaines. Cela étant, je me cale à un endroit où je vois pas trop la bouillie qui est en train de se faire au niveau de son entre-jambes, parce que vu les bruits y’a pas qu’un enfant qui est en train de sortir, ou alors il a décidé de chier en même temps.

D’un coup, je distingue son abricot se déformer horriblement, laissant paraître la tête violette de l’immonde homonculus, qui était jusqu’alors en reptation dans ses entrailles depuis de longues heures. Une violente nausée me saisit, alors que la sage-femme empoigne les épaules de la bestiole pour l’extraire de la salle de jeu.

J’ai l’impression d’être dans la scène du film Délivrance où le redneck fait un mauvais sort à la rondelle du touriste. Puissance mille. Autant vous dire qu’on est dans le festif façon Fistinière.

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Le point commun avec l’enfant? Le physique et la couche culotte. Le point commun avec la mère? il se fait déchirer le cul.

Des bruits de succions peu ragoûtants parachèvent l’extraction du nourrisson dans un vacarme de hurlements. Le schtroumph est couvert de jus de chagatte, limite je l’envie tellement ça fait longtemps que j’ai pas limé. J’aurais jamais cru que ce moment m’aurait filé une demi-molle. On me demande de couper le cordon, à croire qu’ils ne veulent pas prendre la responsabilité en cas de ratage. Je sais pas d’où ça sort cette coutume, mais je trouve ça très con, d’autant que je suis gaucher et que leurs ciseaux de merde, contrairement à moi depuis le début de la grossesse, sont mal branlés. Je m’acharne, et au bout de 4 ou 5 essais, je termine de mettre en bouillie le segment cartilagineux qui reliait ma femme à la bestiole, sous les applaudissements nourris des connards qui sont content pour moi. Ou soulagés que je ne lui ai pas entaillé la bite, mais ça ce sera pour plus tard, circoncision inside. Etant donné le monde actuel et ce qu’on lit sur le web, autant se mettre du côté des vainqueurs.

Après cette séance de boucherie qui mettrait en émoi les 90% des équarrisseurs polonais, on me colle la chose dans les bras, hurlante et gesticulante, tandis que madame se fait recoudre la cramouille. Genre elle peut pas le garder sur elle à ce moment, en le calant entre ses gros seins veineux.

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Les gros lolos, ça me file le gourdin.

Bon c’est pas tout ça mais il est tard, je refourgue le mouflet à bobonne et retourne à la maison, je suis fatigué et vu la symbiose des deux, j’ai la paix pendant au moins 3 jours. Nourrie et blanchie par l’hosto, elle me traînera pas dans les pattes, donc autant profiter le plus rapidement possible de mes derniers jours de tranquilité, après ça va être Bab el oued dans la cabane.

Et puis, j’ai la Merco à nettoyer et un film à monter, donc faut pas traîner.

Chignolement votre,

 

Le changement d’une vie

Je suis allongé sur le dos et elle est là, les mains croisées sur mon torse, le menton posé à leur intersection. Elle me sourit, plongeant son regard d’un bleu profond et me dit : « je suis enceinte ». L’instant est étrange. La moitié de son visage est couvert d’un mélange de semence légèrement brunâtre, tandis que son ventre gargouille encore de l’étreinte brutale qui nous animait il y a quelques minutes. Encore fortement dilaté, son sphincter anal revient lentement en position nominale, non sans brutalement expulser  quelques résidus de liquide séminal agrémentés de petits copeaux chocolatés, tel un volcan effusif.

Autant vous dire que l’annonce du futur enfant n’a pas réussi à nos draps qui, déjà bien entamés par la copulation, ont reçu une généreuse couche de vomi. Au bout de longues minutes de mutisme, les premiers mots qui sortirent de ma bouche furent :

« Es-tu certaine qu’il est de moi? »

Trois jours après qu’elle ait quitté la maison en pleurs pour se réfugier chez sa meilleure copine (qui me déteste) Josseline, je ne me suis toujours pas remis du choc. Moi qui ai, de ma verve habituelle, fustigé les jeunes parents dans un précédent article, suis-je voué à ma propre perte par la faute d’un piège grossier tendu par ma partenaire?

Car oui, je ne suis qu’une victime dans l’affaire. Je n’ai jamais vraiment donné mon accord, et si j’ai dit oui, c’était pour lui faire plaisir. Et puis bon, elle était en train de me sucer, alors je vous mets au défi d’avoir fait mieux que moi sur le moment! Et puis bon, moi je m’attendais à une lubie du moment, un peu comme quand elle a ses règles, elle est chiante et agressive pendant une semaine et après c’est réglé jusqu’au mois prochain! Tandis que là, j’en prends pour 20 ans, merde.

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Bin quoi? Pour que ça pousse plus vite, faut l’arroser non?

Déjà (si elle revient), elle va se transformer en maman, et quand je vois la gueule de celles dans mon entourage, je ne suis pas dans la merde. Laides, grasses, déformées physiquement et intellectuellement par la grossesse, elles ne me donnent que peu d’espoir de retrouver ce cul d’une môme de 10 ans (mais légal) que j’affectionne tant. J’appréhende déjà les conversations tournant exclusivement autour d’un enfant pendant des heures. Mais quel enfer? Et mon sommeil? Et mes parties de jeux vidéos!!! ET LES SORTIES AVEC LES POTES§§§

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Jouons à un jeu : « enceinte mais pas enceinte »

Non putain, non c’est pas possible. Sachant qu’en plus elle ne veut pas avorter, surtout depuis qu’elle fait partie du mouvement des Survivants, cette bande de cons qui croient que l’avortement a été un véritable génocide alors qu’en fait on s’est simplement gouré de gosses à zigouiller quand on les voit bel et bien vivants aujourd’hui.

Excusez-moi, trop d’émotions, je suis au bord des larmes à l’écriture de ce texte, car je réalise au fur et à mesure ce qui m’attend.

Moi qui était passé à 2 branlettes par semaine depuis qu’on était ensemble, qu’est-ce qu’il va se passer maintenant quand elle va être trop grosse ou trop occupée pour baiser? Elle pense à moi à ce moment-là? Je la connais, elle ne fera même pas l’effort pour me caresser le bout de la bite avec ses lèvres! Mais quelle égoïste!!!

Elle m’a rappelé hier soir, elle accepte de revenir à la maison à condition que ce soit elle qui choisisse le prénom. J’ai dit oui, il faut dire que je ne comprenais pas comment le lave-vaisselle se lançait, j’ai encore été faible. Nous avons discuté, et on a convenu que je pourrai émettre un avis consultatif sur le prénom dès lors qu’on connaîtrait le sexe.

Putain je suis angoissé, heureusement que vous êtes là, à me lire par milliers. J’espère qu’il sera normal, et pas avec une gueule de macaque comme tous les nouveaux-nés.


Quelques jours ont passé, et je commence à me reprendre.OK, tu veux qu’on le garde, très bien, par contre ma poule tu vas morfler en attendant, et j’ai 9 mois pour me défouler.

Déjà ce qui est cool, c’est qu’elle commence à vomir tout le temps, et le moindre geste que je fais à son égard lui fait plaisir, comme lui tendre un sopalin quand elle sort des chiottes alors que je suis en train de terminer le couscous qu’elle a préparé pour le dîner. C’est magique, la moindre attention passe pour un geste flamboyant : et dire que pendant des années je me suis trituré les méninges pour lui trouver des supers cadeaux et de bonnes adresses de restaurants!

La nuit, elle dort mal mais je m’en branle, j’ai un sommeil de plomb. Plus aucune de ses copines n’en a rien à foutre de ma gueule (et c’est tant mieux car ce sont des connasses), elles sont toutes trop occupées à lui faire des compliments en sur-utilisant les mots comme « épanouie », « radieuse » et « rayonnante ». Soit ce sont des grosses salopes qui se foutent ouvertement d’elle, soit elles y croient vraiment (ce qui ne m’étonnerait pas vu comment elles tannent leurs mecs pour avoir la même chose). Pourtant ma femme est dégueulasse : elle a déjà pris 3 kilos en un mois, retrouve sa peau d’adolescente et se déforme au fil du temps. Sans compter le transit intestinal : j’ai l’impression de sortir avec une anorexique sortie d’un défilé Christian Dior tellement qu’elle pue le vomi ; au moins ça me prépare à supporter le nouveau-né qui sentira pareil. Par contre, hors de question que je mette ma langue dans sa cavité buccale (maintenant c’est pipe only, faut pas déconner non plus). Et même si elle prend sévèrement des nichons, je peux même pas y toucher tellement qu’ils sont sensible.

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Alors grosse pute, t’en chies hein? Tu l’as voulu, tu l’as eu!

Dès que quelqu’un commence à nous casser les couilles, on utilise la défense « enfant/femme enceinte », et c’est vrai que c’est génial, t’as tous les droits avec ça. On en abuse dans les files d’attentes, au restaurant… tels des Balkany en herbe, mais toujours dans le respect. Le respect de nous-même hein, les autres on s’en bat les couilles.

Vivement l’échographie, j’ai envie de voir ce futur petit Chignole : oui oui, je pense que ce sera un garçon. Et qu’il n’y en aura qu’un. Et puis si ce n’est pas le cas, un petit avortement, j’ai déjà trouvé sur internet pour le faire à son insu. Hé ho, c’est bon, c’est légal en France d’avorter, et puis si on ne peut pas choisir les éléments pour rendre l’avenir de son enfant radieux, où va-t-on? De toutes façons, je serai là pour la consoler si ça ne va pas… si vous voyez ce que je veux dire.

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Pas de doutes : je serai un bon père.

Putain, ça promet.

Chignolement votre,

Les jeunes parents sont des cons

« Non mais tu verras, quand tu en auras, ce n’est que du bonheur! ». Marion est face à moi, drapée dans une espèce de robe à fleurs mal ajustée, tâchée par des auréoles de vomi et d’autres traces douteuses. Des cernes couvrent son visage, jusqu’alors si harmonieux (du moins avant son excessive prise de poids), tandis que ses horribles cuisses ondulent hypnotiquement au moindre mouvement. Elle a calé le biberon sur le pli supérieur de son ventre, afin d’ajuster sa coiffure grasse et désordonnée. Victor, d’un sourire fatigué, tient la main de sa compagne comme s’il l’aimait avec la même intensité que le premier jour, alors qu’elle doit le débecter au plus haut point et que de toutes façons, c’est même pas envisageable de se glisser dans sa fente depuis que son fils est passé par là. Nom de dieu, elle est tellement dégueulasse que j’ai du mal à m’imaginer en elle, secoué de spasmes à lui repeindre la chatte par saccades. Il me tient le même discours qu’elle, comme quoi à entendre en boucle de la merde ça s’accumule dans les oreilles. Dédicace à ce superbe artiste que j’affectionne particulièrement, c’est cadeau  pour moi les gars, j’espère que vous l’avez dans la tête pour la journée.

Bandes de pauvres cons. En ce moment c’est la jaille, toutes les meufs tombent en cloque autour de moi, et j’y suis pour rien (bien que mon regard soit tellement concupiscent que j’ai pris 3 semaines avec sursis pour viol à cause d’un coup d’œil mal placé). Les hormones? La pression sociale? Toujours est-il que ces pouffiasses se font engrosser à la queue (lawl), et le pire c’est qu’il y a des bonhommes pour les aider. « C’est le bon moment après ça sera trop tard », « on va en faire deux comme ça il ne s’ennuiera pas ».  Le cerveau humain n’a décidément aucune limite pour se convaincre  quand il s’agit de justifier certains actes, quitte à labourer les champs de la conneries pour que les pousses du déni puisse sortir de terre. T’as vu, c’est beau et c’est bien dit, j’ai dû trouver ça dans un livre, et ce n’était sans doute pas du Dolto. Elle aussi a engendré une merveille, faites vous plaiz aux oreilles, one more time.

Arrivé à ce stade du texte, vous allez sans doute penser que j’ai un biais cognitif qui me fait taper salement sur les gonzesses voulant des mouflets par déterminisme génétique. C’est faux. Je vais également aborder le fait de leur mec soumis qui n’a pas de couilles, sauf peut-être pour les vider en quelques spasmes maladroits (dans une optique de procréation, bien évidemment), histoire que bobonne ne fasse pas une prise d’otage émotionnelle ou ne reparte dans une énième dépression parce que tu comprends, c’est trop dur d’être une femme qui ne s’accomplit pas. Excuse-moi Maman, mais si s’accomplir consiste à faire un passage en grand écart devant une assistance attentive, la vulve à l’air, en beuglant comme une truie toute suintante de transpiration, je ne comprends pas pourquoi la gente féminine fustige autant l’industrie du porno.

Après l’heureux événement ( je parle de l’accouchement, dont je viens de faire une très brève description, à mon sens assez fidèle), l’horrible nourrisson est ramené à la maison, et les ennuis commencent. La bête, immonde et criarde, pourrait prendre le doux surnom de Büfshidor, puisque ce sont les 3 seules choses qu’il sait faire (#franckmargerin). Du coup ça t’use les nerfs, mais bon t’es parent donc t’es patient, un peu comme quand t’es employé au boulot quoi : tu fermes ta gueule, tu serres les dents et t’attends que ça passe en espérant que ton calme relatif apaise la situation ; une technique de bonne grosse tarlouze qui pense que le langage positif solutionne tout, même face à une sale petite merde mal démoulée qui te ruine ton sommeil réparateur sans se soucier de ta santé. Vivement ses 17 ans que tu l’humilies devant ses copines en lui faisant la bise à la sortie du lycée.

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La gifle version moderne, figure 1.

Après, bien évidemment, ces paires de cons veulent bien faire, du coup ils te tiennent plein de discours moralisateurs pour inculquer des valeurs à leur chiard, et le moindre mot de trop de ta part est considéré comme un scandale. Tu lâches un bon vieux « putain! » parce que tu te cognes le pied dans un de ses jouets mal rangé et bam, tout le monde te tombe sur la gueule comme si tu avais ouvert ta gueule pour dire des choses moins sympas comme, « Hitler, il peignait pas si mal quand même, c’est dommage de ne pas en parler plus ». Et pire : le gamin vient te faire la morale sur le fait de bien se tenir à table et ne pas dire de gros mots, alors qu’il n’est même pas autonome pour se torcher le cul et jouer tout seul. Et tout le monde trouve ça mignon.

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Tonton, on ne dit pas « fils de pute! ». Va au coin!

Le manque de lucidité est également flagrant, notamment par l’esprit de compétition qui s’en dégage : le gamin doit être en avance sur au moins un truc, c’est hyper important pour les darons. Par contre, si c’est sur le plan de la sexualité (toucher son zizi en public ou se faire enculer par son oncle par exemple), là c’est hors de question. Bizarre ces parents, pourtant on m’a toujours dit que pour pas être éjaculateur précoce, il fallait s’entraîner, donc autant que ça soit le plus tôt possible non?

Note : oui oui, c’est une blague pédophile, pour ceux qui n’auraient pas compris.

Je n’ai pas encore parlé du prénom, mais franchement, refaire 100 fois les mêmes blagues sur l’originalité alors qu’on sait très bien que tout le monde va choisir les mêmes prénoms en changeant une lettre, ça ne serait que faire un paragraphe de plus. Allez, une petite remarque quand même, ça va bien casser les couilles aux profs, avec « Appolline-Aymone-Zbiniev, c’est avec 1 ou 2 L? », histoire que ça ne soient pas uniquement les élèves qui galèrent sur l’orthographe.

Niveau écologie, c’est de la merde, et même ces connards de bobo-gaucho ne l’ont pas compris : les couches, même lavable, c’est l’enfer. Ses jouets électroniques par centaine, fabriqué par des gosses qui, à l’autre bout du monde, cumulent 2 boulots (un à l’usine, un au bordel du coin), et que MOSSIEUR va rejeter parce qu’il n’aime pas la couleur, ses fringues « à la mode » trop choupi mais à 20 briques, sa PUTAIN de veilleuse qui consomme plus qu’une lampe halogène… Mais bon, les gamins ça crée de l’emploi et ça règle le problème des retraites (on y revient toujours, à cet argument de merde), y’a qu’à voir le nombre de vieille carnes aigries qui s’improvise garde d’enfant. Avec un peu de cul, y’en aura une atteinte d’Alzheimer qui va oublier un gamin dans un mixeur, on aura un bel article dans le Petit Détective.

Niveau culturel, toutes les merdes se justifient pour leur enfant : entre les groupes de musique de demeurés qui recensent sans doute plus de violeurs que d’humanistes, les dessinateurs qui se vengent en mettant en scènes des personnages plus ridicules les uns que les autres (Choupi, le pingouin, qui a plus une tête à claques qu’une tête représentative de son espèce, Peppa Pig et sa GUEULE DE BITE, un vrai scandale…) le pognon croule. Je suis limite à me demander, à côté de ces connards soit-disant artistes, si les cheminots qui n’en branlent pas une ne sont finalement pas plus utiles.

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Des gueules de bite. Et on appelle ça de la « littérature de jeunesse ».

Un autre aspect est vraiment chiant aussi, c’est que tu as l’impression que c’est le seul sujet de conversation possible : le reste n’existe plus. Tu as beau essayer de relancer ton pote sur sa passion pour les sex-tapes artisanales, rien à faire, il te ramène en permanence sur les couches de son merdeux ou encore ses capacités à prononcer maladroitement les mots de la vie courante, en trouvant ça trop mignon et en t’inondant de détails. Ah, pardon, je me trompe, ça parle également de crédit, de baraque, du coup à toi les discussions fascinantes relatives aux tasseaux de 12 et autre compteur électrique. Mais putain, qu’il crève de la mort subite votre truc, qu’on passe à autre chose.

La partie la plus sympathique de l’histoire, c’est quand on vient t’expliquer comment être heureux, en te disant que bon, c’est cool que tu sois célibataire et que tu te branles tous les soirs en buvant de l’alcool, mais qu’à un moment il faut évoluer et que tu verras, c’est trop génial. Trop génial d’avoir le compte en banque en ruine, l’emploi du temps et le sommeil complètement bouffé par ce putain de vermisseau parasite qui mériterait simplement que la collectivité l’assume par des instituts adaptés, comme par exemple les orphelinats ou les usines d’électronique. Mais attention hein, ça vient gueuler parce que les allocs, c’est bézef alors que tu comprends, un gosse ça coûte des sous, entre la nounou et tout le bordel. Bin ouais, et gnagnagna l’Etat c’est que des gros cons, par contre pour aller taper dans la caisse commune là bizarrement c’est pas le même discours. Enculés.

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Arrêtez, vous n’êtes pas heureux : faites plutôt un enfant. Par contre, enlève-moi cette chemise s’il te plaît, t’as vraiment l’air d’un con.

Le seul point intéressant dans l’affaire, c’est que d’ici deux ans à force de plus en pouvoir de leur vie de couple de merde, il y aura une belle séparation à la clé et un bon vieux backdraft en mode « j’ai envie de vivre! » de la part de toutes ces bonnes femmes. Remise en forme (GG les clubs de gym collectifs, vous vous faites des couilles en or), sorties, organisation grâce à la famille qui est là en backup pour donner de l’air en gardant le moutard, joie de vivre comme si elles ont 20 ans : elles veulent tellement s’éclater que t’as aucune chance de les décevoir, à base de plan cul bien sale. Et puis elles ont tellement faim que tu peux y aller, vu ce qu’elles ont ramassé à l’accouchement, tu peux pas rivaliser avec un gamin qui est passé à travers. achetague milf, les frères.

Bref, pile poil ce que j’avais prévu pour déglinguer des petits culs sans me soucier du lendemain. Y’a pas à dire, c’est beau le cycle de la vie.

Chignolement votre,